Posté le 03/07/2009 à 21:47 par parolimage
Observer les étoiles, Gallimard
C’est l’été, une saison où les rêveries sous les étoiles nous font lever la tête vers ces objets célestes qui conservent leur pouvoir d’attraction entre imaginaire et passion scientifique.
Un ciel dessiné par les étoiles, voilà ce que les éditions Gallimard nous proposent d’explorer.
Tout d’abord, l’album au beau format séduit par la couleur bleue-nuit.
Ce coffret contient des fiches sur les différentes constellations, une petite lampe d’observation et enfin un livre traduit de l’anglais. L’ouvrage très beau est servi par une superbe iconographie avec des informations abordables par de jeunes lecteurs.
Un index permet de revenir sur les différentes informations. L’ouvrage comprte trois parties : se repérer, le système solaire, le guide mensuel. Cette dernière partie décline l’observation du ciel en toute saison de notre hémisphère. Et, pour compléter le tout, la couverture comprend une carte du ciel tournante.
Une présentation soignée, un guide intéressant, un bel ouvrage.
Un livre, donc, à recommander pour tous à partir de 10 ans.
Posté le 30/06/2009 à 16:30 par parolimage
Bonne pêche, Dedieu -Seuil Jeunesse
Quand Joseph, le pêcheur, partit en mer, que voulait-il rapporter ? Du poisson évidemment me direz-vous ! C’est ce qu’il fit le lundi. Il rapporta dans son filet dix beaux poissons. Mais le mardi, il ramena neuf poissons et un frigo ! Le mercredi, huit poissons, une chaise et une moto.
Les jours suivants, le filet se chargeait de moins en moins de poissons et de plus en plus d’objets hétéroclites jusqu’au vendredi où Joseph décida d’ouvrir un magasin d’antiquités !
Le système à rabats ouvre à une lecture pleine de détails intéressants et cette technique ludique permet d’aborder le problème environnemental de manière à la fois inattendue et amusante. Car non seulement, le filet de Joseph dévoile tout ce qui est déversé dans la mer, mais on constate qu’au fil des images les mouettes se font de plus en plus rares et que la densité urbaine semble gagner du terrain tout en ne gérant pas convenablement ses déchets.
Un album astucieux qui égrène les jours et les nombres, pour observer lire et discuter sur les problèmes écologiques à partir du thème : “Bonne pêche ou mauvaise pioche ?”
Plaisir garanti tout en n'occultant pas une réflexion qui engage notre avenir.
A recommander dès 4 ans
Posté le 30/06/2009 à 16:26 par parolimage
Le pot magique, conté par Gilles Bizouerne et illustré par Marc Daniau - Seuil Jeunesse, dans la collection “Contes du tapis”.
C’est un conte coréen plein de malice que nous propose Gille Bizouerne.
L’histoire est la suivante : un pauvre paysan trouva un vieux pot dans le champ sur lequel il travaillait. Comme ce vieux pot pouvait lui être utile, il le ramena chez lui et y fourra sa pioche. lorsque le lendemain, il s’apprêtait à partir au x champs, il reprit sa pioche. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’en la reprenant, ce fut une seconde pioche qui surgit du pot, comme par enchantement. Inutile de vous dire que le pot magique fonctionna à merveilles pour servir de merveilleux repas et autres petites richesses.
Vous devinez, sans doute la suite car l’histoire du pot miraculeux fut ébruitée et arriva jusqu’aux oreilles de l'ancien propriétaire du champ qui en revendiqua la propriété. Une violente dispute s’en suivit. Il fallut faire appel au seigneur du royaume pour porter un jugement. Évidemment, le seigneur qui avait son idée, confisqua le pot et se l’appropria.
Seulement, voilà, le grand père du seigneur qui passait par là et intrigué par ce vieux pot fêle et sans charme, se pencha pour mieux le voir il y tomba. Mais lorsque son fils vint le délivrer, un second grand-père sortit du pot, et un autre, et encore un autre...
Finalement, le pot se cassa et il ne resta plus au seigneur qu'à nourrir une centaine de petits vieux jusqu'à la fin de ses jours.
L’originalité du livre tient au texte et à l’humour des illustrations dont le crayon généreux et les couleurs chaudes stimulent le regard. Quant au format qui permet une lecture face au public ou une lecture “côte à côte” est très intéressant.
Une agréable moment de lecture.
Bravo !
Posté le 25/06/2009 à 19:01 par parolimage
La Sorcière de Porquerac, Roland Godel -Seuil Jeunesse
Lorsque nous croyons le temps révolu des la chasse aux sorcières (et aux sorciers), ce roman vient nous rappeler des faits qui nous mettent en alerte contre tout retour aux moments sombres de notre histoire.
Ici, nous sommes au début du XVè siècle Sieur Guillaume de Porquerac règne avec brutalité sur un peuple misérable. Veuf de l’intelligente et qu’il a toujours détesté, il en eut un fils, Gontrand, aussi haineux que son père vis à vis des femmes.
L’une d’elle justement, lui tourne la tête et le sang. C’est Camée, fille de Gilène, aussi sauvage que belle, aussi libre qu’effrontée. De plus elle a l’outrecuidance de lui préférer le jeune Jehan, le paysan. Mal lui en prit.
Camée, sera harcelée par Gontrand qui se confiera à son père. Ce dernier se plongeant dans la lecture du “Malleus maleficarul” ourdit son crime. Et parce que la jeune fille qui connaissait le pouvoir des plantes sut guérir son amoureux d’une vilaine blessure elle fut accusée de sorcellerie et brûlée vive sur la place du village.
Non seulement, Roland Godel, sait de quoi il parle car son récit est fort bien documenté, mais la structure narrative fait de son récit un véritable roman populaire, tant il en a les qualités : a commencer par des personnages, y compris secondaires, bien campés, des effets de surprise et des rebondissement, une tension linéaire propre à maintenir l’intérêt du lecteur et enfin, une situation émouvante et cruelle qui provoque frayeur et compassion.
Si les personnages féminins portent leur destin avec un grand courage, les figures masculines à travers celle notamment, du jeune Jehan sont plus faibles. Seul le vieux palefreniers, double père nourricier, est l’image d’un homme humble porté par le courage et l’amour du faible.
Un récit, vous l’aurez compris qui se lit d’une traite et qui emporte l’adhésion du lecteur. C’est très réussi.
A mettre entre toutes les mains à partir de 13 ans
Posté le 21/06/2009 à 13:55 par parolimage
Un ravioli ne fait pas le printemps, Dominique Tellier - L’école des loisirs, Neuf.
Un récit tout à fait charmant, écrit d’une plume alerte, très inventive et pleine d’une merveilleuse fantaisie. On voit, vraiment, que l’auteure s’est amusée en écrivant les aventures de Kosmo “au pays du matin calme”.
Enfin, calme pas vraiment, car le voyage initiatique de notre jeune héros est aussi imprévisible sue sujet à rebondissements.
Kosmo aime creuser des tunnels et son dernier ouvrage le fait passer directement en Chine. Alors, commence pour lui un voyage étonnant : paysages plantés de bambous et peuplés de pandas, des dragons aux naseaux fumants, des carpes pas vraiment muettes. Mais c’est la rencontre avec Jiaozi, un ravioli facétieux et qui parle lui aussi qui sera la rencontre la plus surprenante. Kosmo va entamer son périple en sa compagnie en quête de l’immortalité. Projet ambitieux, s’il en est !
Le voyage le mènera jusqu’à Lhassa. Il est prétexte à bien des apprentissages : compter en chinois, consigner des recettes diverses, découvrir les codes culturels ou religieux...
La rencontre de Kosmo avec la belle Liu, une jeune fille sourde et muette, donnera un sens merveilleux à sa quête.
C’est un récit d’une grande fraîcheur, drôle surprenant par ses formules langagières.
Un petit délice de lecture.
A recommander à partir de 10 ans
Posté le 12/06/2009 à 19:56 par parolimage
Orphée et la Morsure du Serpent, Yvan Pommaux – L’école des loisirs
Une mise en situation contemporaine pour introduire le mythe d’Orphée. En effet, lors d’un mariage, un jeune homme ne participe pas à la fête. Il est amoureux de la mariée. Mais, lorsqu’il l’entraîne à l’écart pour lui chuchoter son amour, la jeune femme est piquée par un serpent : « ne te tourmente pas…nous sommes en 2009, tu ne t’appelles pas Aristrée et la mariée ne s’appelle pas Euridyce ! ».
Devant l’air perplexe du jeune homme, elle lui raconte la légende d’Orphée.
Orphée, selon les grecs, pour qui le chant, la musique et la poésie se fondaient en un seul art subjuguait les hommes, les animaux, les plantes et même les pierres les objets qui s’animaient au son de son chant.
Un soir, il fit entendre le son de sa lyre à une assemblée de femmes médusées. Mais c’est un regard d’améthyste qui chavira son cœur. Le nom de la jeune femme, au si beau regard n’était autre qu’Euridyce.
Le jour du mariage, Aristrée amoureux de la mariée, l’entraîna à l’écart. C’est alors, qu’elle se fit mordre par un serpent.
Fou de douleur, Orphée pénétra à l’intérieur du Styx, le royaume des morts. Grâce à son chant, et au son de sa lyre il charma Charon le passeur, puis le terrible chien Cerbère. Enfin, Hadès, roi des enfers et Persiphore, son épouse. lui accordèrent le retour d’Euridyce parmi les vivants à la seule condition de ne pas se retourner pour la voir avant de quitter le royaume des morts. Mais tout à son bonheur, juste au dernier moment, Orphée ne put s’empêcher de jeter un regard en arrière.
De ce jour, Orphée inconsolable n’eut plus de regard pour les femmes qui jalousèrent Euridyce pour la constance de l'amour d'Orphée. Après des années d’errance, des furies se jetèrent sur lui et le mirent en pièce. Sa tête jetée dans l’Hebre dériva jusqu’à l’île de Lesbos où un sanctuaire lui fut dédié.
Yvan Pommaux nous livre là un bel album au dessin soigné et raffiné. La mise en page, le choix des couleurs, le sens du détail sont là pour évoquer la beauté du mythe. Le texte est superbe et fonctionne parfaitement avec une illustration pleine de poésie.
A recommander dès 10 ans
Posté le 08/06/2009 à 14:21 par parolimage
“Mon nom est loup gris”, Emmanuel Lecaye -Mouche de L’école des loisirs
Encore un livre qui traite de l’acceptation de soi. Ce thème philosophique ne cesse d’inspirer les auteurs et comme ils ont raison.
Bien difficile, parfois, d’accepter le nomque l’on doit endosser à notre naissance. C’est le cas de Loup Gris, fils de Nuage Clair et de la louve Mousse. Ce loup est promis à un bel avenir de chasseur. Mais, une chose l’ennuie : c’est son nom. Il ne peut se confier à aucun des jeunes loups du clan. Alors, il tente de faire “l’intéressant”, afin d’être gratifié d’un nom plus en accord avec sa jeune notoriété et son talent. Mais rien n’y fait, pour tous, il reste Loup Gris.
Alors, un jour, il quitte la horde et s’en va tout seul jusqu’au jour où il est ébloui par la présence de Coquelicot, une jeune louve au pelage rouge qui lui demande avec simplicité : “Comment t’appelles-tu ?”. Et notre loup de répondre : “Mon nom est Loup Gris”. Cette rencontre ne restera pas sans lendemain et notre petit loup vaniteux accepte, enfin, son nom pour grandir heureux parmi les siens et surtout en compagnie de la belle Coquelicot.
Le sujet est traité avec simplicité et délicatesse. Le texte mêle sobrement humour et sensibilité. C’est une histoire qui séduira le jeune lecteur. D’abord, parce qu’il y est question d’un jeune loup qui ne peut parler de ce qui le tourmente. Ensuite, parce que Loup Gris accepte son nom, comme faisant partie de sa réelle personnalité. Enfin, parce que sa rencontre avec la jeune louve est une promesse d’amour à laquelle chaque enfant pourra rêver.
Les illustrations sont particulièrement expressives dans leur simplicité graphique.
C’est un de ces petits livres que l’on recommande avec conviction à partir de 6 ans.
Posté le 07/06/2009 à 17:56 par parolimage
La ballade de Cornebique, Jean-Claude Mourlevat -Gallimard , Folio Junior
Quel récit réjouissant que celui-ci : vivant, enlevé, inventif, drôle et souvent empreint de gravité.
Cornebique est secrètement amoureux de Cornebiquette. Un jour, celle-ci lui donne rendez-vous près de la fontaine du village et ce que Cornebique entend le fait presque défaillir. Cornebiquette lui avoue son amour pour Bique-en Borne et lui demande de l’aider. C’est ce qu’il fit, mais le soir du mariage, le cœur lourd, il quitte le pays avec son banjo.
Dans son long périple, il connaîtra bien des aventures et fera de nombreuses rencontres et tout d’abord celle de Pié, un adorable petit loir, poursuivi par les terribles griffues. Ils feront, donc, route ensemble et rencontreront le docteur Lem, un vieil homme, un tantinet arnaqueur mais plein de fantaisie et de compagnie agréable. Il aidera à sauver Pié et la petite Loirote des griffes des délirantes furies parites à leur poursuite.
Bien plus tard, de retour au village, quelqu’un attendait Cornebique : c’était la gentille Blanchebicoune. Et puis Pié et Loirote, nos deux peitis loirs, viennent de se réveiller d’un long hiver ensommeillé. C’est le printemps et, sans doute, Cornebique, à l’occasion de son mariage, reprendra-t-il son banjo, pour le bonheur de tous.
Ainsit tout est bien qui finit bien.
C’est un petit régal d’humour, de gentillesse, d’humanité. Et que dire de la langue savoureuse de Mourlevat dont les formes désuètes donnent au récit une pointe d’exotisme pleine de charme et de poésie.
Un grand moment de lecture dont on se délecte sans retenue.
A recommander dès 9 ans
Posté le 02/06/2009 à 19:58 par parolimage
La maison la plus grande du monde, Leo Lionni - Ecole des loisirs
On connaît la palette inimitable de Leo Lionni. On connaît aussi la profondeur de son approche et la manière si personnelle de traiter de l’enfance.
Ici, il s’agit de l’histoire d’une famille d’escargots, vivant paisiblement sur un beau chou pommelé. Et vous savez que la maison de l’escargot est sa coquille.
Un jour, un petit escargot déclara : “Quand je serai grand, j’aurai la maison la plus grande du monde.”
“Attention !” lui dit son père qui était le plus sage des escargots.
Et il lui raconta une histoire. Celle, justement, d’un petit escargot qui voulut, lui aussi, la maison la plus grande du monde. Il fit ce qu’il fallait. Sa maison grandit, grandit et toujours il la voulait plus grande. Un jour, cependant, l’escargot ne put traîner sa coquille et il mourut.
Une fable philosophique sur la vanité, magnifiquement adaptée pour un jeune lecteur. La force et la beauté des illustrations impriment un tension entre le texte et l’image qui donne une tonalité très singulière à ce bel album.
Art de la couleur, art de l’épure, une mise en page qui procure une émotion en phase avec l’histoire pathétique de ce petit escargot dont la folie des grandeurs entraînera sa perte.
C’est superbe
A recommander dès 5 ans
Posté le 31/05/2009 à 16:49 par parolimage
"SI", Rudyard Kipling - Gallimard jeunesse
Quel bel hommage rendu ici à Pierre Marchand qui a tant fait pour donner à la littérature jeunesse ses lettres de noblesse.
Hommage magnifique par le choix du poème de Kipling, traduit partout dans le monde. Un poème où il est question d’engagement personnel sur des valeurs universelles.
SI...
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Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
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Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils
Mais la reprise du texte est couplée avec les illustrations de ceux qui ont eu l’honneur de participer à l’aventure éditoriale initié par Pierre Marchand et qui sont restés fidèles jusqu’ici à la promotion du livre de jeunesse.
Aussi, avons nous entre les mains, un ouvrage d’une très belle facture. A chacune des pages le poème se déploie jusqu’au vers final. Et, les illustrations de Quentin Blake à Etienne Delessert en passant par Pef et Georges Lemoine nous offrent des images magnifiques dont la diversité est gage de cette part de liberté dans les propositions artistiques qui caractérisent le livre de jeunesse. De nombreux autres artistes nous renvoient leur vision du monde, selon leur inspiration.
La couverture, fortement cartonnée, est en elle-même une totale réussite.
C’est superbe
A mettre entre toutes les mains à partir de 7 ans