Posté le 26.06.2007 par parolimage
Pour cet album, encore, nous sommes dans la cour des grands. Rendez-vous sous les cerisiers est écrit par Cendrine Genin et est illustré par Nathalie Novi. Ce bel album est édité au Baron perché.
Nous sommes en 1914. Henri doit partir à la guerre laissant Marguerite le cœur meurtri.
De cette séparation naîtra une correspondance. Au cours des mois nous assisterons au quotidien des deux vies que la guerre sépare
Ainsi au fil des mois et des saisons se déroule cette correspondance. Un jour, Henri ne répond plus. Marquerite qui refuse son silence écrit toujours dans l’attente du retour et d’un rendez-vous sous les cerisiers.
Un le jour le rendez-vous est pris et Henri présente, alors, à Marguerite sa nouvelle fiancée. Lorsque grand-mère confie son secret à sa petite fille, cette dernière comprend que la blessure n'est pas guérie.
Evidemment grand-mère, toujours perçue dans son entourage comme une personne lisse et sereine, met à nue sa fragilité. Ce qui touche infiniment l’enfant.
Une magnifique réflexion sur la vie amoureuse, ses espérance, ses trahisons.
Les illustrations de Nathalie Novi sont superbes, pleines de douceur et de poésie. Et la complicité de la petite fille et de sa grand-mère est magnifiquement suggérée.
C’est un album qui s'adresse autant aux adolescents qu'aux adultes.
A recommander à partir de 13 ans
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Posté le 18.06.2007 par parolimage
Voici un grand et bel album, paru chez Bilboquet que nous offre Carl Norac. Et les superbes illustrations de Rebeca Dautremer ne sont pas étrangères à la réussite du livre.
Un jour, un menuisier décide de fabriquer un pantin. Cela ne vous rappelle rien ? Mais ce pantin devra être à son image, son double en quelque sorte. Cela vous dit quelque chose ?
Et bien, l’histoire hésite entre Pinocchio et Frankenstein.
Une nuit, le pantin ouvre les yeux . Il interroge gentiment son maître. Il dit qu’ils sont amis, maintenant. Mais le maître n’a cure de cette amitié. Il ne se reconnaît pas dans cette marionnette inachevée. Il refuse, d’ailleurs, de lui donner un nom, pour bien le maintenir à l’écart de la société des hommes.
Bien sûr, Sentimento, c’est ainsi qu’il décidera de se nommer, fut l’objet d’un rejet d’une violence inouïe jusqu’au jour où il rencontra une petite fille. Cette dernière lui sourit et lui parle.
Mais lorsqu’au bout de sa longue errance, Sentimento pense qu’il serait admis dans la société des hommes, la chasse lui fut donnée.
Les images d’une grande beauté révèlent la profondeur du texte de manière toute délicate. C’est beau, d’une poésie mélancolique et les détails dans l‘illustration donnent vie à cette histoire de rejet et d’abandon.
La fin, dans un effet de surprise est particulièrement émouvante et donne, au bout du conte un peu d’espoir dans la chaleur du partage.
A recommander pour tous à partir de 8 ans
Posté le 18.06.2007 par parolimage
Voici un album de Christian Voltz, édité au Rouergue : Les gros mots. Les illustrations sont de Didier Mounié.
Si on se demande d’où viennent les gros mots, l’enfant de l’album nous livre sa recette. Il en fait collection. Il s’agit tout simplement, pour lui, d’écouter et de les emmagasiner das sa tête. Et on s’aperçoit que les gros mots sont une denrée très répandue. Pensez donc : papa, maman, grand-père et même grand mère en disent des chapelets quand ils sont en colère
Les aplats de Didier Mounié décline les situations les plus banales avec humour et les gros mots que tout un chacun profère est figurée par une touffe de fil noir. Plus le mot est “gros”, plus l’écheveau est envahissant.
Mais lorsque l’enfant profère son premier gros mot, personne ne réagit et il s’aperçoit , ce jour-là, qu’il a pris un sacré coup de vieux.
Alors, il se console autrement : il devient amoureux et fait collection de mots doux, très doux de quoi ravir son coeur.
Un petit album drôle et déculpabilisant face aux dérives langagières que tout le monde aime tant, sans vraiment l’avouer . En tout cas, les gros mots du livre ne font pas de mal à une mouche.
A recommander à partir de 4 ans
Posté le 14.06.2007 par parolimage
J’avais tellement apprécié “Un chat dans l’oeil” de Sivana Gandolfi que je n’ai pas hésité de lire de la même auteure “Le Baume du Dragon” paru aux éditions Panama
On connaît Silvana Gandolfi pour sa façon très naturelle de mêler réalisme et fantastique dans ses romans, à l’humour plein de finesse.
Celui-ci s’adresse plus particulièrement aux plus grands.
Andrew, un homme tout à fait ordinaire se retrouve à Katmandou en compagnie de sa femmes et d’un groupe de touristes assez ridicules, comme le sont souvent les touristes. Le couple ne forme pas ce qu’on peut nommer un couple heureux. Lui, du genre effacé, elle accariâtre.
Lassé du groupe, Andrew se perd dans les rues de la ville et tombe sur un vieillard proche de la mort. Celui-ci lui demande un service : porter un petite fiole contenant un breuvage qui conservera sa jeunesse à sa petite fille devenue kumari mais dont la vie déïfiée s’achèvera en prenant de l’âge.
Mais Andrew négligrant la parole donnée, avale le remède et en apprend très vite les merveilleux effets.
Seulement, les jours passant, son rajeunissement commençe à vraiment l’inquiéter. Que faire ? Il fallait retourner à Katmandou, voir s’il n’existait pas une antidote pour juguler cette effrayante remontée dans le temps car nous arrivons très vite au moment, où physiquement, Andrew approche à peine de ses seize ans.
L’aventure va se poursuivre avec de nombreux rebondissements. Et tout se terminera dans le meilleur des mondes népalais
Une langue alerte, teintée d’humour, tisse une histoire réellement savoureuse.
Un très agréable moment de lecture à partager en famille.
A recommander pour tous à partir de 13 ans
Posté le 07.06.2007 par parolimage
“Dans la rue”, édité au Baron perché, est un album grave. Le texte en est de Xavier Emmanuelli et de Clémentine Frémontier. Les illustrations sont d’Olivier Tallec.
Quarte destins qui mènent les personnes dont on décrit le douloureux parcours à vivre dans la rue. Les exemples sont judicieusement choisis, puisqu’ils décrivent des situations différentes les unes des autres : Kamel, un ancien ouvrier d’une usine d’automobiles ; Jean-Claude, un père divorcé, Marie, une ex infirmière, et enfin, la famille L., des réfugiés politiques
Un texte sobre pour nous parler de la grande détresse des exclus. Les auteurs savent de quoi ils parlent puisque xavier Emmanuelli est médecin urgentiste et que Clémentine Frémontier est chargée de mission au Samu social.
Les illustrations aquarellées évoquent simplement les silhouettes des personnages. les lieux, comme les êtres restent anonymes, juste évoqués, transparents, rayés du monde de notre monde. Mais, parfois, l’intervention des services sociaux permet une remontée de l’enfer social. C’est là le grand mérite de cet album.
C’est superbe de tact et de retenue.
A recommander à partir de 10 ans
Posté le 06.06.2007 par parolimage
Voilà bien un album remarquable écrit par Davide Cali et illustré par Serge Bloch. Edité aux éditions Sarbacane, le titre en est “L’ennemi”.
La page de garde nous laisse voir des alignements de petits soldats, le fusil sur l’épaule.
Puis, un texte d’annonce : blanc sur fond noir : C’est la guerre
Puis un générique , comme au cinéma. Enfin, dans une double page sur fond rouge, on peut voir un petit théâtre, où, devant le rideau apparaît un soldat, le narrateur.
A partir de là comme dans une tragédie classique (unité de temps, de lieu et d’action), texte et dessins révèlent l’univers absurde d’un petit soldat entraîné dans la guerre et obsédé par l’ennemi qui lui fait face, un monstre évidemment.
Extraordinaire mise en scène dans la sobriété du trait qui fonctionne avec un texte minimaliste, lui aussi, mais ô combien révélateur de la réalité inquiétante d’un champ de bataille. Le héros de l’histoire est plongé au plus profonds de la solitude de l’être, face à un ennemi, cet autre moi inconnu de moi et paré de toutes les turpitudes d’un ennemi à abattre.
Mais notre petit soldat prend conscience du jeu symétrique des situations. Il s’aperçoit, au cours d’une incursion dans l’abri de l’autre, et au vu des photos de famille placées là, que l’ennemi est traversé par le même désir de paix et par les mêmes peurs. Alors, les certitudes vacillent. Et la force symbolique de la dernière image où chacun envoie un message à l’autre par le biais d’une bouteille est vraiment magistrale.
Soutenu par Amnisty International, c’est un album à remettre entre toutes les mains à partir de 7 ans
Posté le 29.05.2007 par parolimage
C’est toujours un plaisir d’ouvrir un livre de Jean-Francçois Chabas. Là en encore l’intérêt et le plaisir sont au rendez-vous. Il s’agit d’un ouvrage édité à “L’école des loisirs” dans la collection Neuf. Il y a deux coutrs récits dans le volume. Le premier de ces récits donne le titre générique au volume : "L'étincelle".
Angie et son cousin Moe sont bien différents. Autant Angie est une excellente élève, autant son cousin déteste tout ce qui touche à l’école, lui préférant de beaucoup les leçons de la nature.
Un jour, où la chaleur avait pris en otage la région, Angie et Moe se promènent dans la forêt qui borde le village. Moe trouve sur le chemin deux silex. Les deux cousins se disputent pour une broutille. Moe poursuit son chemin, pendant qu’Angie s’arrête et veut expérimenter ce qu’elle avait appris à l’école : faire du feu en frottant les deux cailloux . Une étincelle, et la forêt s’embrase !
Ensuite les choses vont vite, course folle pour échapper aux flammes, hésitations sur ce qu’il faut faire, pensées contrastées des deux enfants qui bouleverse ce que chacun pensait de lui-même et de l'autre
Et c’est finalement Moe qui sauve et sa vie et celle d’Angie.
L’histoire est narrée par Angie, devenue adulte, elle a vingt-et-un an à présent, Elle reste marquée par cette expérience à laquelle elle a beaucoup réfléchi, depuis, et en a tiré quelques conclusions qui l’ont aidée à grandir : acceptation de l’autre où chacun peut apporter savoir, aide, affection et amour. Et c’est cette belle leçon d’humilité qui donne au livre sa profondeur.
Ce récit d’apprentissage, fondé sur de nombreux dialogues utilise un style à la fois vif et dense d’une remarquable efficacité.
C’est un régal de lecture
A recommander à partir de 11 ans.
Posté le 26.05.2007 par parolimage
C’est avec plaisir que je vous présente ce très bel album de Aoi Huber-kono, édité au Rouergue. Le grand poisson.
Cette petite édition ne cesse de nous offrir des albums hors des sentiers battus. Non seulement par les contenus proposés mais aussi par le travail graphique souvent d’une grande originalité.
Ici, il s’agit de l’histoire d’un grand poisson dans l’univers maritime d’un pays méconnu, d’un bord de mer anonyme aux confins des terres, là ou les vagues roulent et se déroulent devant les yeux médusés des pêcheurs.
Un jour, un bateau fantomatique descend ses filets pour engloutir les poissons. La machine dévoratrice étanche sa soif jusqu’à éradiquer tous les poissons du large. Les villageois épouvantés subissent leur terrible sort. Le malheur s’est abattu sur le village.
C’est alors qu’une terrible tempête prend sa revanche. Et c’est dans le calme revenu que les pêcheurs vont découvrir la carcasse d’un grand poisson vide.
La vie reprend son cours laissant le souvenir d’un bateau fantomatique qui a failli rompre le juste équilibre entre l’homme et la nature .
Mais ce qui fait la valeur de cet album c’est son traitement narratif d’une grande poésie. C’est aussi le merveilleux graphisme de l’illustrateur qui a su donner à son travail l’épure japonaise dans une esthétique occidentale. De quoi inspirer bien des vocations.
C’est très beau.
Posté le 26.05.2007 par parolimage
“Din’Roa la vaillante”est une histoire recueillie par Jean-Louis le Craver et illustrée par Martine Bourre, édité chez Didier Jeunesse, dans la collection “Escampette” “
Ce qu’il y a de merveilleux dans le conte, c’est qu’il peut se décliner, ô combien de fois et ô combien de façons en traversant le temps et l’espace pour notre plus grand bonheur.
C’est le cas, ici, d’une version chinoise du “Petit chaperon rouge”.
Mais cette, fois, Din’Roa n’est pas seule à affronter le méchant animal qui veut faire croire à des enfants qu’il n’est autre que la grand-mère pour mieux les manger tout crus. En l’absence de ses parents, la petite fille reste seule à la maison avec son petit frère qu’elle doit protéger.
L’enfant sera ravi d’entendre ou de réécouter cette version du conte. Mais de plus, il sera séduit par les illustrations de Martine Bourre dont la mise en page est d’un grande beauté. Le travail de la plasticienne, très marqué par la calligraphie chinoise, par les couleurs, le trait, le mouvement, livrent une mise en page raffinée et pleine de mouvement.
Une écriture limpide et des illustrations à la fois légères et précises font de cet album un ouvrage plein de charme et de séduction.
A recommander à Partir de 5 ans
Posté le 16.05.2007 par parolimage
Pour le 70 ème anniversaire du bombardement sur Guernica, les éditions Rue du Monde ont produit Et "Et Picasso peint Guernica".
Le 26 avril 1937, la petite ville du Pays Basque est tétanisée par le déluge de feu qui s’abat sur elle. L’aviation allemande et italienne furent appelées par le Général Franco qui menait une lutte sans merci contre la jeune République espagnole. On connaît la suite: quarante d’une dictature inflexible.
Lorsque Picasso prend connaissance des événements, il utilise non pas des mots, comme certains écrivains et journalistes de l’époque, mes des pinceaux pour décrire ce qu’il ressent. Il va en quelques semaines créer l’immense tableau, simplement nommé “Guernica”. Il aura fallu bien des ébauches pour aboutir à cet hymne à la paix, à cette immense dénonciation de la guerre. Œuvre unique, universelle et qui défie le temps, le temps des guerres, de toutes les guerres.
Mais le mérite de ce grand album, c’est de nous inviter à à un parcours qui trace le long chemin de l’artiste, le long chemin de sa vie, Guernica, étant sans doute un des symboles le plus fort, porté par tous les hommes “contre” dans le monde entier.
C’est aussi une traversée du siècle. Ainsi voit-on Picasso dans son jeune âge s’essayer au dessin. A sept ans, il dessine ses premières colombes. Puis on assiste à l’évolution de son art jusqu’à sa mort à l’âge de 91 ans.
Ce grand et très beau livre allie avec bonheur des éléments historiques et la trajectoire d'un artiste d'exception. La mise en page et l'iconographie sont en parfaite adéquation avec ce qui en est dit, à la fois précis et sobre. Un très beau travail
C’est un livre sur lequel on revient, dont on aime à tourner les pages. Un livre à conserver, donc. Un beau livre à offrir.
A recommander pour tous à partir de 9 ans