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Analyse critique de la littérature jeunesse
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17.04.2006
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27.08.2008
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Le songe de la Belle au bois dormant

Posté le 06.12.2006 par parolimage
Voici un livre, un très beau livre : "Le songe de la Belle au bois dormant" de Charles Perrault, illustré par Frédéric Clément et édité chez Casterman dans la collection “Authentiques”

Déjà, la couverture en papier marbré de style japonisant, une femme tout en longueur à la façon de Klimt, font place au rêve.

Le conte célèbre qui fut à son origine un conte oral a été réécrit par Charles Perrault en 1697 dans son recueil “Les contes de la mère l’Oye” et par les frères Grimm dans les années 1812 dans “Les contes d’enfants et du foyer en Allemagne”.

Deux versions différentes quant à conclusion violente, chez Perrault, plus douce chez Grimm.

Mais avec Frédéric Clément, il ne s’agit pas de réécrire le conte, puisqu’il opte pour le conte de Perrault, mais il introduit dans celui-ci, la part de rêve de la Belle au cours de son long sommeil.

Le rêve s’introduit dans le livre par une vingtaine de pages scellées, comme la part intime des songes. Ceux-ci apparaissent sous forme de poèmes et d’image, de photos, et de peintures.
Le tout d’une grande élégance, d’une beauté dont la légèreté, la pudeur, l'érotisme,, la sensualité nous font vibrer. Le texte grand vagabond de l’inconscient est émaillé d’illustrations : natures mortes photographiées, évocation de Venise, fragments de tableaux, photos de belles endormies, toutes choses qui font partie du rêve, des jeux de miroir, des visions métaphoriques.
Lecture :
Inutile de dire que cet album s’adresse à un public plus âge (adolescents et adultes) car le détournement du conte leur est spécialement réservé.
Inutile de dire que c'est un superbe cadeau.
A recommander pour tous à partir de 13 ans




--

Le journal du sapin de Noël

Posté le 06.12.2006 par parolimage


Et puis, nous poursuivrons sur le thème de Noël avec "Le journal d’un sapin de Noël" de Gérard Moncomble et des illustrations de Claude Cachin, édité aux “400 coups”

C’est un livre étonnant par sa mise en page et l’histoire contée.
Un sapin tient son journal de bord et c’est donc le point de vue du sapin qui tient lieu de récit.

L’histoire commence par une double page avec un clair-obscur aux tons mordorés. C’est le lieu de vie du sapin : mousses, pommes de pins, écureuil, feuilles mortes...Vie, simple, modeste, loin de la fureur du monde. Une vie sans histoire.

Ensuite le récit se poursuit sur fond de papier quadrillé où le petit sapin raconte : on le déterre, on le place dans une maison très chaude, on le décore, on le fête, on dépose des cadeaux à ses pieds. Le jour de Noël, on lui fait encore fête. Puis il perd ses épines. Le bruit de l’aspirateur l’effraie.

Un jour, on viendra le prendre et on le jettera avec d’autre sapins dans un grand camion.

A partir de là, l’enfant, qui de la fenêtre voit tristement partir le sapin, imagine la survie du petit arbre à travers un merveilleux voyage autour du monde. Chaque région traversée est évoquée par une pleine page aux couleurs toniques qui font contraste dans la brève, très brève vie du sapin au sein de la famille de l’enfant, un soir de Noël.

Un récit écologique, sobre et émouvant. mais aussi, un récit sur la place de l’imaginaire dans le vécu des enfants.

Une couverture souple, des pages glacées, de belles illustrations pour un récit original et savoureux qui se lit et se regarde avec grand plaisir.

A recommander dès 5 ans





Le fantôme de Noël

Posté le 06.12.2006 par parolimage

Décembre a débuté et Noël s’avance avec ses pluies de lumières et l’espoir que font naître les rêves les plus insensés ou bien la promesse plus modeste mais non moins attendue, d’une soirée où l’on partage un repas à la lueur des bougies dans le plaisir partagé. La famille est réunie selon le rite et enfants et adultes, ce soir-là fêteront le bonheur d’être ensemble, de faire plaisir en se faisant plaisir. Fête de l’offrande, célébration de la chaleur du foyer,rituel qui fait contrepoint aux rigueurs de l’hiver dans un décor incandescent d’or et de lumières. Et puis Noël, fête gourmande incite aux petits et grands plats “Sucrés”, “Salés” qui éblouissent les sens.

Bien des livres nous parlent de Noël. Rêve, humour, nostalgie et même tristesse nous rappellent qu’à la table de Noël nous ne sommes pas tous également servis.

Mais aujourd’hui, je vais vous présenter l’oeuvre d’un auteur que j’apprécie. Il s’agit de Rober Westall et le titre de l’ouvrage est : Le fantôme de Noël, édité chez Poche Jeunesse.
Le premier chapitre est un merveilleux rappel de l’effervescence qui précède la fête. La papa du jeune narrateur qui fait les 3/8 doit rester à l’usine le soir du réveillon et son fils doit lui apporter son repas à l’usine.

L’histoire se poursuit, ensuite, de tout autre manière : Du vivant de Mr Otto qui avait crée l’usine, un accident terrible s’était produit, faisant plusieurs morts. Mr Otto se sentant coupable a vécu toute sa vie en tentant d’améliorer le sort des ouvriers. Mais à sa mort, chaque année des ouvriers mouraient à son poste de travail, laissant veuves et enfants éplorés.

Alors que le jeune narrateur portait son repas à son père, il voit apparaître dans le miroir de l’ascenseur de l’usine, le fantôme de Mr Otto. Quand il raconte ce qu’il a vu, les visages du père et des ouvriers se ferment.

Retournant à la maison, il repasse par l’ascenseur, chose que son père lui avait interdite, et là il voit à nouveau le fantôme de Mr Otto qui tente de lui signaler une direction. Comprenant, le sens du geste, il s’empresse d’avertir un ouvrier qui à son tour avertit le père de l’enfant. C’est, à ce moment, que le père perçoit les premiers craquèlements de la tour à chaux. L’usine est immédiatement évacuée.

Non seulement il n’y a pas eu de mort ce soir-là, mais le fantôme de Mr Otto n’apparut plus car, depuis, on ne déplora plus de décès dans l’usine. Mr Otto, quant à lui, put sans doute, avoir enfin trouvé la paix de l’âme.

Une courte histoire, écrite avec simplicité. C’est le mélange de réalisme et de fantastique qui donne sa qualité à ce récit. Un second récit fait partie du volume : Le chat de Noël.

A recommander pour tous à partir de 8 ans


















Nous avons tué le chien teigneux

Posté le 28.11.2006 par parolimage




Je vous présente un texte de Luis Bernardo Honwana, particulièrement poignant. C’est la petite édition “Chandeigne” qui nous offre ce merveilleux récit “Nous avons tué le chien teigneux", illustré par Jean Philippe Stassen.

Nous sommes au Mozambique autour des années 1950, au temps de la colonisation portugaise. Dans une bourgade , au sud du pays, un chien teigneux aux yeux bleus erre dans les rues. Seule, Isaura, une petite fille aux grands yeux étranges et considérée comme simplette, lui porte une véritable affection. Mais le chien attire l’attention des autorités.

Ginho, le narrateur est attiré par le malheureux chien. Entre Isaura et Ginhon naît une complicité autour du chien.abandonné de tous, sauf justement, par cette singulière petite fille, elle-même rejetée par une société intolérante. .Mais Ginho souhaite aussi intégrer la bande de garçons qui le met à l’écart de leurs jeux,..

Finalement le chien sera tué, sur l'ordre des autorités, et c’est Ginho, le jeune narrateur qui aura la charge de l’exécuter, afin de pouvoir intégrer le groupe.

Un texte qui met en lumière l’ambivalence des sentiments de l’enfant qui hésite entre son désir d’être admis par le groupe et son effroi face au geste irréparable qui lui est demandé.

Le contexte colonial et le racisme donnent un éclairage sans artifice sur la douloureuse expérience du jeune garçon qui ne comprend pas pourquoi il est soumis à une violence qu’il réprouve. La scène où il doit exécuter le chien est terrible. Et l’immense tristesse d’Isaura nous submerge.

Ce petit livre de forme carrée, très soigné est servi par une écriture qui dans sa simplicité-même porte toute la charge émotionnelle du récit. Quant aux illustrations, par le choix des couleurs et leur stylisation, elles accompagnent avec force l’histoire terrible contée par Ginho.

Un récit qui ne manquera pas de susciter des discussions.

A recommander pour tous à partir de 13 ans









Contes et légendes inuits

Posté le 23.11.2006 par parolimage

Il y a peu, je vous avais entretenus du beau récit d’Ilian Bathelot paru dans l’édition “Le bateau en pleine ville” : C’est l’inuit qui gardera le souvenir du blanc.

Juste retour des choses je me fais un plaisir de vous présenter "Aux origines du monde : Contes et légendes des inuits" aux éditions Flies France.

Tout part de l'idée de partage des êtres et des animaux sur la terre, là ont sont tombées des moufles, comme ceci ou comme cela.


Contes des inuits, voilà bien des contes incroyables. Et le parcours dans leur dédale n’est pas de tout repos. Hormis la dureté de la glace, du climat, et du vent glacé, ces régions de cristal et de désert blancs impriment à l’imaginaire inuit la même densité, la même dureté que des griffures sur la peau. Griffes, harpons, couteaux s’ introduisent dans la communauté humaine ou animale comme empreintes vivantes de la terre gelée et de l’eau qui ruissèle sous la glace. Paysages statufiés ,donc, et pourtant forces de vie.

Quatre catégories de contes sont entremêlés dans le volume : objets célestes, animaux, objets fabriqués, contes fantasmagoriques.

On entre dans ces contes avec étonnements. Et on est subjugué.

Un monde tout à la fois raidi dans la glace mais animé par la vie souterraine et aquatique d’où sourd la musique de l’eau Contes étonnants, voire stupéfiants par certains récits terrifiants, tous portent en eux une force poétique, une couleur qui nous emporte. Les illustration, en noir et blanc, qui en émaillent les textes sont d'une belle stylisation et rappellent les peintures sur bois.

A recommander pour tous à partir de 10 ans















Sierra Brûlante

Posté le 22.11.2006 par parolimage


Nous poursuivrons notre exploration des éditions “Le navire en pleine ville”, avec aujourd’hui, une réédition du roman de Pierre Pelot “Dylan Stark -Sierra brûlante”

Avec un art consommé, Pierre Pelot nous plonge dans une intrigue qui met en scène des protagonistes que tout oppose. Un pauvre indien décide de s’échapper de la réserve où il est relégué et tente avec sa femme et son fils de retourner en pays Navajo. Seulement, la route est longue et il lui faut deux chevaux. Pour ce faire il les dérobe au vieux Walker, le ranchero haï et redouté de tous.

Le fils Walker promet 1000 dollars à celui qui ramènera l’indien vivant. Trois hommes sont en lice : Falsh, le mexicain Belito et Dylan, le métis. dans une poursuite infernale, au milieux des paysages arides, sous un soleil de plomb, nous sommes confrontés comme dans les meilleurs westerns à une lutte fratricide sans merci. Sauf que Dylan veut venger ce qu’il a lui-même connu dans son enfance : la mort, l’humiliation et la violence. Pour cette raison il fera tout pour ramener l’enfant au pays de ses ancêtres.

Si les personnages sont clairement définis, il y a chez Pelot un regard sur les hommes qui ôte toute vision caricaturale. Et puis, il y a l’écriture, un grand art de la description, le sens des images. Les paysages et les êtres qui les traversent vivent sous nos yeux de façon très cinématographique, de manière quasi charnelle et palpable.

Un beau récit d’aventures où la violence, la mort mais aussi la solidarité font partie d’un univers impitoyable où l’homme est un loup pour l’homme au sein de paysages grandioses et mortifères à la fois.

Un récit qui se lit d’une traite.
Excellente initiative, donc que cette réédition

A recommander pour tous à partir de 11 ans

Eléphants

Posté le 20.11.2006 par parolimage

Que dire de l’album “Eléphants” de Sara paru aux éditions Thierry Magnier ? Que c’est une fois de plus une merveille de beauté et de sensibilité.

Connu pour son travail en papier déchiré, Sara dit avoir utilisé le papier Kraft à l’époque où elle n’avait pas suffisamment d’argent pour se procurer gouaches et aquarelles. Depuis, en utilisant cette technique, son travail est universellement reconnu et l’émotion qui s’en dégage se renouvelle à chacune de ses productions.

Ici, c’est l’histoire d’un petit éléphanteau agressé par des loups. L’approche des loups, la peur de l’enfant d’éléphant, la blessure qui lui est faite, l’arrivée des parents qui vont finalement chasser les loups de leur territoire, et la scène finale où l’on voit l'éléphanteau partir dans la savane entre père et mère, définitivement rassuré, est pleine d'élégance et d’une grande beauté.

Comme souvent avec Sara, l’album est sans texte.Seules les images parlent. A travers ses silhouettes et l’évocation des paysages, Sara invite le lecteur à “prendre le risque de penser par lui-même sur les images”. C’est dit-elle "un théâtre où le lecteur est aussi l’auteur".
Et la déchirure, ajoute-t-elle, est "la faille par laquelle se précipite tout ce qui en notre être aspire à dire quelque chose d’inexprimé". Ainsi les images, chez Sara, n’illustrent pas, elles sont textes.

Le papier déchiré, ici, est du papier d’emballage utilisé à Shanghaï pour envelopper les objets en porcelaine, sorte d’agglomérat de paille qui exprime bien la rugosité de la peau des éléphants. Par contre, en opposition, le papier glacé blanc est utilisé pour figurer les défense et forment un contraste très expressif. Le rouge, emblématique dans l’oeuvre de Sara symbolise la violence des loups et le blessure faite au flan du jeune éléphant. Le jeu des perspectives imprime magnifiquement les déplacements

Cette histoire sans parole, en mouvement, et pleine de sensibilité, enchantera le lecteur par la beauté des scènes représentées et l’émotion que dégage l'aventure du petit éléphant à laquelle tout enfant s’identifiera.
A recommander dès 3 ans



J

Le violoniste

Posté le 16.11.2006 par parolimage
Il est des livres rares. C’est le cas du bel album de Gabrielle Vincent “Le violoniste”, édité Rue du monde.

Gabrielle Vincent est mondialement connue pour son admirable série d’albums “Ernest et Célestine” édités chez Duculot et qui mettent en scène les préoccupations sociales de l’auteure à travers les personnages d’un gros ours au grand cœur et d’une petite souris pleine de naïveté et de malice.

Ici, il s’agit de tout autre chose. Un enfant, chaque jour regarde par la fenêtre un homme jouer du violon. Il écoute la musique. Mais l’homme l’ignore parce qu’il souffre. Son père lui a tellement répété qu’il était un raté, un musicien raté. Le violon s’est son père qui lui avait offert pour qu’il devienne un prodige, pour qu’il gagne des concours...Ce n’est pas ce qu’il est devenu et pourtant chaque jour il joue et chaque jour l’enfant vient écouter la musique. Et les habitants aussi. L’homme continue de souffrir. Et il continue aussi de jouer.

Un jour, il invite l’enfant à rentrer chez lui et l’enfant lui demande : “Tu vas m’apprendre ?”

Les dessins au fusain sont admirables. Les scènes semblent croquées sur le vif. Les personnages vivent comme si les corps parlaient.

Un texte sobre pour une histoire qui dégage une forte émotion.

Un remarquable album sur la transmission. Une œuvre d’art.

A recommander pour tous à partir de 5 ans

C'est l'inuit qui gardera le souvenir du blanc

Posté le 08.11.2006 par parolimage

Je vous avais présenté la toute jeune édition “Le navire en pleine ville”. Je viiens de terminer la lecture de : c’est l’inuit qui gardera le souvenir du blanc de Lilian Bathelot.

Nous sommes en 2089. Une partie du monde, la zone sécurisée, la plus riche, déploie sa technologie de pointe dans la surveillance des personnes. Chaque humain est implanté grâce à un petit détecteur fiché dans le corps de chaque individu . Société policée, militarisée, aseptisée, elle aspire à la domination totale du monde. Regroupés dans le G16, ces puissances se heurtent à la résistance passive des peuples dont le peuple inuit est la figure de proue. Car, à l’opposé, les peuples des nations “indigènes” maintiennent les cultures traditionnelles dans le respect de la nature et dans le respect de la personne humaine. Chamanisme et haute technologie y sont appréhendés de façon complémentaire. La scène inaugurale nous place mmédiatement au cœur d’un désert glacé dont la beauté préfigure le drame qui va se jouer.
Alors que Kisimii, vient de procéder à sa “première chasse”, et qu’elle achevait de dépecer un caribou, seule au milieu d’un grand désert blanc, une pulka folle fonce vers elle, poursuivie par une meute de loups. Un homme couché au travers est gravement blessé.

Très peu de temps, après la rencontre avec “l’Européen”, Kisimmi apprendra l’accident terrible survenu dans la parc aux narvals, enjeu de la guerre d’espionnage en cours. On a retrouvé la barge de Knud, l’amour de sa vie, retournée. Et Knud a disparu.

Ce que n’avait pas prévu l’équipe de la direction Décentralisée de Sécurité Nationale” de la zone sécurisée est la découverte d’un transfuge au sein de l’équipe. En effet, l’officier Diaz a disparu, s’est désimplanté et a rejoint la zone franche des inuits, emportant avec lui une somme inestimable d’information.

La nervosité de l’équipe est à son comble car la réalité visible des territoires indigènes disparaît de leur zone d’observation et d’intervention et gagne l’Océanie, le Tibet, l’Amérique latine, l’Afrique....

La décision est prise : il faut une intervention immédiate en zone franche, il faut récupérer Diaz vivant.

Voici un roman magistralement construit. Ce récit de science fiction dont la subtilité mêle à la fois poésie, humour et réflexion se lit d’une traite. Les personnages sont particulièrement crédibles dans leurs certitudes ou leurs doutes. La figure de Kisimii, la jeune inuit, est très attachante.

Nous sommes en présence d’un de ces romans qui deviendra certainement un “Classique” de la littérature pour adolescents. Ce récit, à la belle écriture, est un grand moment de lecture qui loin du formalisme invite à réfléchir sur le devenir de nos sociétés.

A recommander vivement pour tous à partir de 11 ans




Mystère

Posté le 07.11.2006 par parolimage

"Mystère", voilà un titre qui intrigue. Anne Brouillard nous l'a offert, il y a quelques années déjà, si beau, si étonnant, par la force poétique des images, par tous le non-dit d’un parcours qui s’interroge sur les traces, traces de pas, traces impalpables, imprécises et pourtant palpitantes de vie.

Le texte, fluide et limpide est servi par des images fascinantes par leurs couleurs, la vibration de la lumière et les jeux d’ombres.

A voir la grande fille se déplacer dans la forêt, aux chemins incertains, rythmés de traces de pas qui vont là, puis là et encore là on se laisse aller à la suivre, à s'interroger.

La chaleur du rouge et de l’or dans la cabane, celle de la nappe, le rouge de la bouteille et le bleu lumineux des chaises et des petites bottes à l’entrée de la maisonnette, donnent aux images une apparence ineffable de magie. Les scènes de la forêt parées d’un blanc éclatant où se jouent le bleu glacial de l’hiver et les ombres des bouleaux. sont saisissantes.

Mystère, c’est aussi le mystère de la page blanche, mystère de la trace laissée par le stylo. C’est aussi l’incertitude entre le rêve et la réalité, entre l’allée et le retour. C’est encore la figure du chat apparu en dernière page installé comme chez lui. Le thé est prêt, un bouquet de roses est disposé dans un vase, image infiniment troublante...

Comme toujours, chez Anne Brouillard, les gouaches généreuses expriment l’art du déplacement entre le dehors et le dedans. Aller ailleurs, et une manière de voyager autrement, c'est ce à quoi ce bel album nous invite..

A mettre entre toutes les mains à partir de 4 ans

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