Posté le 07.11.2006 par parolimage
Vous connaissez le “péché de gourmandise” ? Eh, bien, dans "Monstre, ne me mange pas", l’avaleur a failli être avalé. Le récit est de Carl Norac et les illustrations de Carll Cneut. Et c’est édité chez Pastel.
Autour de la tablée, seule l’assiette d’Alex est vide. mais, Alex a encore faim et il s’en va en cachette dans le jardin. où il mange dix pommes de terre. Sa maman le surprend et le gronde. Comme elle est ennuyeuse cette maman... Et Alex s'en va. Que de bonnes choses sur son chemins ! Mais au moment où il allait se régaler de framboises, il vit une ombre menaçante derrière lui. Celle-ci après avoir mangé des framboises, c'est d'Alex qu'ielle voulut se régaler.Mais la maman du petit monstre arriva et le gronda pour sa gourmandise.
Alors, le petit monstre qui était pour Alex un petit monstre ENORME, s’en va tête basse. Alex, lui, rentre vite à la maison et se jette dans les bras de sa maman, avant même de lui raconter sa mésaventure.
Les illustration de Carll Cneut, pleines d’humour et de poésie, déclinent l’histoire en jouant des ruptures : ruptures des proportions, ruptures de la perspective. La représentation cocasse des personnages le sens des détails , les effets de surprise raviront grands et petits.
Ce bel album empêchera-t-il les petits gourmands de trop manger ? En tout cas, il n’empêchera pas le petit lecteur de lire. Car l’album est délicieux. Délicieux à croquer.
A recommander dès 3 ans
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Posté le 26.10.2006 par parolimage
Ah ! Voilà un livre de chevet pour tous, enfin, pas pas pour ceux qui ont peur des revenants et autres esprits frappeurs.
Le titre du volume édité chez José Corti est tout un programme, pensez donc : "Elle mangeait son linceul". Une anthologie, donc , d’histoires de fantômes, de revenants, de vampires. L'édition a été établie très judicieusement par Claude Lecouteux.
Ces récit sont tantôt courts, tantôt plus longs mais tous étranges, souvent beaux Leur portée philosophique est souvent présente.
Il est vrai qu’il s’agit d’un répertoire un peu particulier qui ne conviendra pas à tous, mais qui ravira nombre de parents et d’adolescents par leur étrangeté et la force de l’histoire contée. Car il nous convie sur une ligne de partage entre la vie des morts et celle des vivants : Qui sont les morts ? Que font-ils en notre absence ? Ils sont présents dans nos pensées, ils nous harcèlent…Jamais apaisés, toujours en quête de tranquillité, ils continuent de nous hanter bien après leur trépas dans un dernier accès de mélancolie ou de rage, pour enfin connaître la quiétude du repos éternel.
Une écriture soignée, des récits non dénués d'humour.
A mettre entre toutes les mains à partir de 12 ans.
Posté le 25.10.2006 par parolimage
Une nouvelle édition prometteuse, vient de naître dans le Sud.Ils’agit de l’édition : "Le navire en pleine ville" dont le siège social est situé à Saint Hippolythe du Fort dans le Gard.
Je viens de lire « Buveurs de vie » de Jean-Pierre Andrevon, dans la collection « sous le vent-classiques ».
Voilà un texte, non seulement bien écrit, non seulement bien construit et qui nous plonge dans l’univers des banlieues avec une hauteur, un regard à la fois pénétrant et loin des clichés. En un mot, c’est roman qui échappe au misérabilisme et à la diabolisation.
Nous avons affaire à des personnages non stéréotypés, qui vivent, qui pensent, des personnages réels qu’on aimerait presque rencontrer.
Nous sommes dans une banlieue non définie dans le temps et et dans l’espace, avec ses barres d’immeubles, ses rues sans âmes, et des gens qui vivent là comme entre parenthèses.
Pourtant, le récit débute dans le cadre d’une répétition d’un groupe de théâtre amateur. Il y a là : Kofy,Fabien et Chafia, la princesse beurette. Il manque Nordine, le jeune premier de la pièce. Chacun s’interroge. Il y a des rumeurs. Plusieurs jeunes de la cité ont disparu ces temps-ci, sans laisser de trace. Simple coïncidence ou danger réel ? On parle d’une nouvelle équipe de « keufs »...
Et puis cette voiture noire qui émet une étrange lumière bleue...
Mais après avoir découvert leur copain Merzouc, mort déincarné, comme sucé de l’intérieur, les jeunes se confient au vieil îlotier du coin, un peu porté sur la bouteille, mais brave, aimé de tous. Ils décident d’en avoir le cœur net. Rendez-vous est pris à 20h30. Après une longue attente et leur mise en danger, ils feront à une face à des extra-terrestres venus pour se nourrir des hommes.
Ce texte métaphorique renvoie au problème de la guerre faite aux pauvres, car cette sinistre voiture noire et ses habitants représentent le terrifiant pouvoir des nantis, ces buveurs de vie.
Un récit qui se lit d’une traite. Le verlan, parfois utilisé, met en situation une réalité langagière qui émaille un texte particulièrement soigné. On sent une grande empathie de l’auteur pour ces jeunes un peu paumés mais qui gardent une vitalité, une énergie magnifique. Les plans, la description des lieux et des objets sont exemplaires du genre.
A mettre entre toutes les mains à partir de 12 ans.
Posté le 24.10.2006 par parolimage
Tout le monde connaît l’histoire du "Petit Chaperon rouge" dans la version de Charles Perrault ou des frères Grimm. Ici, les éditions du Rouergue nous offrent un ouvrage traduit de l’Italien de Fabian Negrin et qui a pour titre « Dans la gueule du loup »
Nous avons affaire, pour notre plus grand bonheur, à une variante malicieuse et pleine d’humour du conte célèbre.La singularité du récit tient au fait que l’auteur nous convie à un renversement du point de vue, puisqu’ici c’est le loup qui raconte l’histoire.
La beauté des illustrations est absolument fascinante par le jeu des couleurs à dominante verte et rouge et par l’art de la perspective. Le Petit Chaperon rouge au très haut chapeau pointu a le charme des elfes de la forêt.
C’est beau et à mettre entre toutes les mains à partir de 4 ans
Posté le 22.10.2006 par parolimage
Commençons, aujourd’hui, par un album d’Elzbiéta dont le titre « Bibi » est édité chez Pastel..
Bibi, voilà un nom qui prête à sourire.
Sur la première de couverture on peut voir une mère et son enfant. Visiblement, les deux personnages sont liés, très liés. Peut-être trop ?
Que de paroles affectueuses : mon bibi, mon bijou, mon crapossain, mon lapinou, mon fanfan, mon roudoudou..Et que de mauvaises habitudes puisque Bibi dormait à la place du Roi, son père avec lequel maman la Reine était fâchée.
Trop gâté, Bibi, pourra-t-il grandir ?
Comme toujours, la simplicité du texte, d’un humour jamais agressif, apporte plaisir et réflexion.
Quel art pour dire la difficulté de grandir, surtout quand maman retarde le moment de se séparer de son enfant.
Quel art pour parler d'une famille monoparentale et de la difficulté pour la maman de faire face à sa souffrance
Quel art de mettre en scènes les choses sérieuses de la vie, choses sérieuses auxquelles les enfants n’échappent pas, mais qui dans ce court récit s’ouvre, comme toujours chez Elzbiéta, sur une note d’optimisme qui permet à l’enfant de sublimer ses peurs.
L'emploi des couleurs chaudes est d’une grande douceur. Les personnages cernés de noir sont très expressifs. Un album qui séduira le jeune lecteur. Certains se reconnaîtront-ils dans Bibi ?
A recommander dès 3 ans
Posté le 18.10.2006 par parolimage
A présent, nous passons au roman de Jacqueline Wilson “Violette” édité chez Albin Michel dans la collection Wiz.
L’auteure aime traiter des relations familiales, des difficultés de vivre ensemble au sein de parcours familiaux atypiques.
Ici, nous avons affaire à un roman de forme composite qui révèle bien la complexité de la vie.
Vilolette vit dans l’ombre de son frère Will qui exerce sur elle un étrange pouvoir. Will peut se montrer adorable et affectueux, mais le plus souvent taciturne et sombre, il peut se montrer violent et cruel..
Pour se consoler de sa solitude, Violette entretient une relation épistolaire avec Caspar Dream, un écrivain qu’elle admire. Chaque jour, elle lui destine une lettre qu’elle ne lui envoie jamais. Elle trouve refuge dans le monde féerique de l’écrivain. Elle confectionne de petites fées en tissu qui représentent chacune des héroïnes de ses livres.
Un jour, Will apprend de la bouche de sa grand-mère “qu’il n’est pas du même sang”, qu’il est un enfant adopté. La révélation de ce lourd secret de famille ne fera que renforcer sa rage et sa rancœur, verrouillant en quelque sorte l’amour véritable qu’il voue à sa sœur.
C’est Jasmine, autre enfant ballottée et nouvelle amie de Violette qui permettra à Will un début de reconstruction.
Quant à Violette, dans un accès d’immense douleur, elle va partir en quête de Caspar Dream. Elle finit par le rencontrer et trouve, alors, la confirmation de son talent, celui de créer une forme de beauté dans l’art de la couture.
Des entrées différentes dans le corps du récit donnent à ce roman sensible et de lecture facile tout son intérêt.
A recommander à Partir de 11 ans
Posté le 17.10.2006 par parolimage
Avec “Le rossignol de l’Empereur de Chine”, le conte si connu de Hans Christian Andersen, édité chez Bilboquet, Eric Battut nous offre, une fois de plus, une création à la fois belle et raffinée. Et la traduction de Lauranne Quentric est particulièrement réussie.
Un jour, l’Empereur de Chine entend parler d’un Rossignol dont le chant mélodieux est à nul autre pareil. L’Empereur ordonne aller à sa recherche. Mais où trouver le Rossignol ? C’est une petite servante habitant la forêt qui mena le chancelier jusqu’au merveilleux oiseau. Beauté, enchantement, l’oiseau fut invité à la cour pour y rester prisonnier dans une cage dorée. Lorsqu’on le sortait pour faire sa promenade, deux fois le jour et deux fois la nuit, c’était avec à un ruban de soie attaché à sa patte.
A quelque temps de là, on apporta à l’Empereur un rossignol mécanique. Son chant était beau mais mécanique. Son aspect était beau mais le mécanisme était fragile et finalement s’usa.
Le Rossignol au chant si mélodieux était retourné dans sa forêt. L’Empereur tomba malade, la mort rôda. Tous le croyaient perdu, lorsque soudain, le chant merveilleux se fit de nouveau entendre. L’empereur qu’on croyait proche de la mort vécut encore longtemps et put entendre chaque jour lla merveilleuse mélodie de l'oiseau. Ce dernier, toutefois, continua à vivre libre dans la forêt..
Les illustrations d’Eric Battut sont, une fois de plus, d’une poésie et d’une délicatesse extrême. Avec une petite vignette sur la page de gauche, comme en écho de l’illustration pleine page de la page de droite, l'illustration décline ses couleurs où le rouge et le noir sont omniprésents.
Superbe.
A recommander pour tous à partir de 6 ans
Posté le 16.10.2006 par parolimage
Il y a des albums qui font du bien car ils échappent à l’adversité de la vie. C’est le cas avec “Un papa sur mesure” de Davide Cali et d’Anna Laura Cantone des éditions Sarbacane.
La petite fille du livre vit avec sa maman, la plus merveilleuse des mamans : maman est la plus grande. Maman est la plus forte. Maman est la plus belle, la plus sportive, la plus intelligente. Et elle sait faire des puzzles. Mais les autres ont aussi un papa.
Alors, il faudrait un papa beau, grand, sportif, intelligent, qui sache faire des puzzles et qui soit aussi gentil.
Maman et la petite fille passent une annonce dans le journal. Le lendemain les candidats se présentent mais il manque toujours quelque chose. A la fin, il n'en reste plus qu'un ! Il n'est pas fort, il est petit, il n'est pas vraiment sportif, il ne sait pas vraiment faire des puzzles... mais il est si gentil.
Cet album aux illustrations foisonnantes, pleines d’imprévus et de fantaisie, traite avec bonheur de la famille recomposée.
Bien des enfants s’identifieront à la quête de la petite fille et de sa maman. Bien des enfants se reconnaîtront dans cette histoire enjouée et savoureuse.
Un récit tonique pour parler de la vie, de la vraie vie
A recommander à partir de 4 ans
Posté le 12.10.2006 par parolimage
Il y a quelques années, Gallimard avait créé, Scripto, une collection pour adolescents. Les textes sont souvent en adéquation avec les interrogations des lecteurs tant au plan personnel dans leurs relations aux autres, qu’au plan social.
Ici, avec" L’enfant qui savait tuer "de Matt Whiman, nous sommes transplantés en Colombie.
Shorty, un enfant de douze ans vit à Medellin. A l’âge des sucettes qu’il aime encore s’offrir quand il a quelques pesos, il doit affronter la vie dure des enfants des « barios » : absence du père, mère travaillant à l’usine jusqu’à plus d’heure. Heureusement, Shorty a un ami, Alberto, . Plus qu’un ami, un frère. Plus qu’un frère, un frère protecteur, car vous l’avez compris, Shorty –de son vrai nom Sonny- est petit, alors qu’Alberto s’impose par sa force et son aspect athlétique.
Tous deux rêvent d’aller vers un ailleurs où tout serait lisse et paisible. Mais la vie en en a décidé autrement. Alberto, va tomber entre les mains de trafiquants. Il apprendra à tuer. C’est là son contrat.
Au fil du récit les deux destins vont se nouer. Alors qu’Alberto disparaîtra mystérieusement, laissant Shorty dans un grand désarroi, celui-ci décide d’accepter le contrat que lui propose El Fantasmo. Sonny à son tour signe sa perte.
Dans une très courte post-face, l’auteur nous informe que la fiction s'appui sur des faits réels.
Le roman qui se lit d’une traite est à la fois dur, poignant et d’un style narratif très réussi. Et c'est sans complaisance que l'auteur nous parle de ces enfants, damnés de la terre, et de la vilolence dont ils sont victimes. Bouleversant.
A recommander pour tous dès 13 ans
Posté le 11.10.2006 par parolimage
Il y a des albums assez impressionnants, et par leur taille, et par leur contenu. C’est la cas de "Un lion dans Paris" de Béatrice Alemagna, édité aux éditions Autrement Jeunesse.
Béatrice Alemagna nous invite à une déambulation à travers Paris en compagnie d’un lion. Cet album tient du carton à dessin qu’un artiste transporte avec lui pour représenter de petites scènes dans les rues de Paris. L’artiste convie différentes techniques qui prennent vie dans les tableaux successifs que l’on feuillette avec curiosité : travail graphique au crayon collages, couleurs, la plasticienne compose ses planches pour donner vie à la ville et à ses habitants. Le lion qui traverse les quartiers –ceux sans doute, que l’auteur aime- observe et ressent à la fois de l’intérêt à ce voyage, mais aussi de la peur.
Tout commence par un plan de Paris, ou plutôt par le trajet emprunté par notre lion solitaire et curieux qui a quitté sa savane où il s'ennuyait pour trouver travail et amour.
Ainsi passera-t-il de la Gare de Lyon au Châtelet, de Beaubourg au Louvre, du Sacré-coeur à la Tour Eiffel. Il observe Paris et ses habitants, Paris et ses maisons, Paris et son fleuve...Le lion au pelage orangé s'impose à chaque page par ses expressions souvent très humaines.
Il terminera son trajet dans l’immobilité statuaire de la place Denfert-Rochereau, heureux et tranquille. Il y demeure toujours à l’heure où je vous parle. La ronde des klaxons le salue chaque jour.
C’est un album magnifique.
A recommander pour tous à partir de 4 ans