Posté le 10.10.2006 par parolimage
Comment ne pas fondre devant la douceur de l’album réalisé par Malka Doray, édité chez Didier Jeunesse dont le titre est "Je t’aime tous les jours".
L’histoire en est toute simple : une maman doit s’absenter 4 jours, laissant son petit lapin aux mains de papa. Mais l’enfant appréhende l’absence de sa mère. Alors maman lui dit des mots d’amour..
A la question de l’enfant : "Et si ça dure plus longtemps ? " Maman imagine une façon d'apprendre la patience : ils cherchent ensemble 4 petits cailloux. Chaque jour on en ôte un : 4, 3, 2, 1 et...? Chaque jour aussi l'enfant invente un jeu.
Ainsi par soustractions successives, rythmé par les jeux, petit lapin marque le temps et apprivoise le temps de l’absence. Parfois, il a le cœur gros. Parfois, il doute. Mais, comme promis, maman revient.
Un livre qui s’ouvre comme un calendrier. La simplicité du dessin, l’économie des couleurs sont en parfaite harmonie avec le texte minimaliste. Une belle douceur pour parler de l’absence. Une belle douceur pour parler de patience et d’amour.
C’est beau.
A recommander dès 3 ans
--
Posté le 08.10.2006 par parolimage
Ajourd’hui, je vous invite à un petit voyage au Burkina Faso sur les pas de « Cococrico, petit Pila » de Véronique Vernette, édité chez « Points de suspension »
C’est l’histoire d’un poulet qu’on emmène au marché de la ville. Embarqué avec cochon, légumes et autres moutons dans un bus plein à craquer. Petit Pila voit défiler le long de la route rouge et poussiéreuse toutes sortes de paysages.
Mais où veut-on l’emmener se demande le poulet apeuré ? Arrivé à Ouagadougou, son inquiétude est à son comble. Profitant d’un marchandage qui n’en finissait pas, Pila parvient à se sauver pour reprendre la route en sens inverse.
Une petite aventure espiègle, illustrée sous la forme de carnets de croquis, ce petit album aux couleurs fraîches propose une évocation éclatée de l’espace tout en introduisant une réflexion sur le besoin de liberté. Drôle et agréable.
A recommander à partir de 5 ans
Posté le 07.10.2006 par parolimage
A présent, nous changeons totalement de registre et nous adressons aux adolescents avec le roman de Nathalie Le Gendre paru aux éditions "Mango", dans la collection "Autres mondes".
Le titre 49302 renvoie au matricule d'un certain Guillaume Seznec dont la condamnation au bagne défraya la chronique dans les années 1924
Mais la narration se déploie dans le futur en 2123.
A la mort de sa grand-mère Elora monte au grenier pour trier les objets restés là depuis des années et qu'il lui faudra trier. Un coffret attire son attention. des lettres, encore des lettres, sans importance sans doute. Cependant son regard se porte sur une chemise de cuir. Elle l'ouvre délicatement. et en commence la lecture.
Trois amis se rendent dans le quartier interdit de la gare. une succession d'explosions les jette à terre l'un d'eux est blessé. Il demande qu'on achève ses souffrance. C'est Tivizio que fera le geste et c'est Tivizio qui dénoncera Loïk Gwilherme qui sera condamné aux travaux forcés sur la station-bagne XV de la planète Syringa. Il s'agit donc d'un récit qui traite d'une erreur judiciaire qui renvoie à l'affaire Seznec, non encore élucidée.
Dès le début le lecteur est happé par la force du récit.
Au cours des pages, nous pénétrons dans l'univers brutal et déshumanisé de l’enfer carcéral. Une mission intersidérale à laquelle Loïk participe tourne au drame.. La descente aux enfers se poursuivra encore longtemps.
A la fin du volume la postface de Denis Seznec, petit-fils bien réel, cette fois, témoigne du martyre de son grand-père et de la souffrance immense d'une famille. Aujourd'hui, ce qu’on appelle depuis des décennies “L’affaire Seznec” est placée sous les feux de l’actualité puisque nous allons assister à la révision du procès.
Un récit de science-fiction qui rappelle la dure réalité d'une erreur judiciaire. Un récit fort à l'écriture efficace et qui incite à la réflexion.
A recommander vivement à partir de 13 ans
Posté le 07.10.2006 par parolimage
Avec Le Conte de tous les contes de Tony Mitton et illustré par Peter Bailey, les album Duculot nous offrent une oeuvre qui nous enchante par l’art du récit et la beauté du dessin.
Tout commence, un matin, dans le bruissement de la jungle resplendissante. Un perroquet raconte :
-Et ils ont dit que ce serait la plus grande histoire de tous les temps, le Conte de tous les contes.
Ce grand bavard était aussi un grand égoïste. Aussi invita-il ses amis à se rendre dans la vallée du Volcan sans rien dire à personne. Mais un singe, et pas n’importe lequel, avait tout entendu et prit donc le chemin de la vallée du Volcan.
Ayant à peine fait deux pas qu’il heurta Eléphant. Il lui raconta ce qu’il savait et tous deux se mirent en route. Juché sur le dos de son ami, le petit singe proposa, pour rendre le chemin plus agréable, de raconter un petit conte à sa façon. C’est ce qu’il fit et raconta : La servante intelligente.
Au cours du voyage, ils rencontrèrent l’Araignée, le Chat, la Chèvre...Et chacun sur la route de la vallée du Volcan raconta un conte. Ce qui fit un très long Conte, vous ne croyez pas ?
Un livre superbe au beau format carré. Le dessin en nor et blanc est en accord parfait avec la narration. Sans doute, “Le Conte de tous les contes” deviendra-t-il un classique de la littérature jeunesse car il ravira, à la fois le jeune lecteur et l’adulte qui se surperndra à lire et à relire ces histoires qui se déroulent avec tant de finesse pour notre plus garnd bonheur.
A recommander pour tous de 5 ans à 99 ans
Posté le 25.09.2006 par parolimage
Quel délice que ce grand album aux couleurs acidulées de Davide Cali et de Benedicte Guettier, paru aux éditions de la Sarbacane.
Le titre en est : "Si je fusse une grenouille..."
Alors, que ferais-je si je fusse une grenouille ?[COLOR=blue]Je passerais beaucoup de temps sur mon nénuphar...Mais j'aimerais aussi sauter sur les pierres...Et prendre la douche sous la chute...Et boir l'eau qui goutte sur les feuilles...
Si je fusse une grenouille, je ferais encore bien d'autres choses agréables...Mais peut-être la petite grenouille s'ennuierait-elle un jour toute seule...Alors, elle se dit : Si nous fussions deux grenouille...Nous passerions beaucoup de temps sur...
Le dessin, d'une merveilleuse simplicité et tellement expressif ravira le jeune lecteur qui s'identifiera pleinement à ces jeux de l'enfance. La mise en page qui évolue à mesure que le nombre des protagonistes se multiplie procure une véritable jubilation.
C'est savoureux, c'est gai, c'est drôle à lire et à regarder.
A recommander dès 3 ans.
Posté le 17.09.2006 par parolimage
Je vous propose, aujourd’hui, le très bel album, paru à « Rue du Monde”, de Catherine Gondrain et illustré par Laurent Corvaisier. Le titre en est :" Voici comment sont nées les histoires".
Un jour, Dieu décida de créer. Il prit de la terre et créa un homme et une femme, puis plusieurs. Ainsi naquit l’humanité. Les personnages qui lui plaisaient, il les gardait. Mais les sculptures restaient fragiles. Aussi,Dieu décida de les cuire. La cuisson donna des résultats différents quant à la couleur, ce qui convenait parfaitement à Dieu qui les trauvait tous beaux et qui les dispersa aux quatre coins de la Terre. Il y ajouta les animaux.
Et puis, il inventa un concept : “l’amour”. Ce qui fit, très rapidement, beaucoup de monde sur Terre. Aussi, inventa-t-il un nouveau concept, celui de "la mort". Ce qui fit un peu de place pour ceux qui allaient naître. Enfin, un concept très original : le soir, pour calmer les enfants et les aider à s’endormir, il inventa celui de "raconter des histoires". Depuis, bien des histoires sont transmises jusqu’à aujourd’hui et se transmettront jusqu’à la nuit des temps.
C’est ainsi que commença le cycle de la vie et de la mort. C’est ainsi qu’est advenue la vie des hommes sur notre Terre jusqu’à aujourd’hui. Du moins c’est la vision qu’en ont les auteurs qui laissent, toutefois, place aux interprétations personnelles du lecteur. Et c’est ainsi que sont nées les histoires.
Humour et poésie participent à la qualité de l’album.
Le grand format du livre exprime magnifiquement les couleurs du monde, le dessin figuratif, faussement naïf et la mise en page offrent un foisonnement d’images pleines de force et de beauté.
A recommander vivement pour tous à partir de 8 ans.
Posté le 17.09.2006 par parolimage
C’est un délicieux album en l’honneur de tous les amoureux du monde entier. Le titre en est tout simplement « Oh ! Les amoureux ! » de François David et Isabelle Simon. Et c’est édité au éditions de « La Sarbacane ».
Que peut-on voir dans cet album ? Des amoureux, de tout âge, de toutes les couleurs, de la ville , de la campagne, en été, en hiver…
Et que lit-on dans cet album ? De courts dialogues d’amoureux, bien sûr : chuchotés, murmurés dans la simplicité de la confidence. Et puis, en contrepoint, un poème sous forme d'une pensée, au ton souvent plus grave. Ces deux textes se font écho ,et font écho à leur tour aux illustrations en pâte à modeler.
Les figurines à la fois naïves, expressives et très délicates présentent des personnages à la fois simples et naturels. C'est beau, c'est émouvant, c'est profondément huamin.
Paru l’an dernier pour la Saint Valentin, c’est un superbe album à recommander pour tous de 10 à 77 ans.
Posté le 13.09.2006 par parolimage
Ceci est album d’une facture très originale par la force du propos. Il s’agit de “La Reine Gisèle” de Nikolaus Heidelbach édité aux éditions Panama.
Une petite fille part en vacances avec son père. Moments de grande complicité : on se baigne, on s’allonge au soleil, on dîne en tête à tête...
Et, chaque soir, le papa raconte l’histoire de la “Reine Gisèle”.
Avant d’être reine, Gisèle était une petite fille échouée sur une plage, suite à une terrible tempête. A son réveil, Gisèle découvre un délicieux petit déjeuner. Elle le déguste sans se soucier. mais très vite elle se demande : comment cela a-t-il pu arriver jusqu’à moi ?
En réalité, l’île est peuplée de petits Korrigans, discrets, gentils et pacifiques
Mais au fil des jours, Gisèle va peu à peu imposer son pouvoir : Cruelle tyrannique, humiliante elle ira jusqu’à réduire les petits habitants de l’île en véritables esclaves. Un jour, pour les korrigans trop, fut le pas de trop car pour son anniversaire, la reine Gisèle exigea de remplacer son vieux bikini par un bikini “tigré” fait de la peau d’un korrigan.
:
Sans un mot, dans le plus grand des secrets, les Korrigans confectionnèrent un trône très particulier sous la forme d’un radeau : il était monté sur roulettes. Et, lorsque la Reine y fut montée, ils le poussèrent jusqu’à la mer, pour ne plus jamais la revoir.
Lorsque la petite fille et son papa rentrèrent à la maison l’illustrateur fait apparaître la douceur du foyer de la famille. Souriant, maman et les petits frères apparaissent à la fenêtre pour mieux les accueillir.
Magnifiquement illustrée, l’histoire est une très belle fable sur le goût du pouvoir et le déni de l’autre. Un beau sujet de réflexion pour de jeunes enfants.
A recommander dès 6 ans
Posté le 12.09.2006 par parolimage
Je vous avis parlé la semaine dernière du bel Album d’Anne Brouillard :"Le pêcheur et l’oie". Aujourd’hui je vous propose de la même auteure :" Le voyageur et les oiseaux", toujours édité au Seuil.
C’est encore un album muet mais Ô combien parlant.
Les illustrations ponctuent l’histoire en pleines pages ou en larges planches sur une double page, selon le rythme du récit.
Au premier plan de la première page, nous sommes à la terrasse d’un café qui s’ouvre sur le vaste hall d’une gare. On peut voir les gens ordinaires empruntant les allées sous une imposante verrière et les petites scènes figurant ça et là la vie des gares du monde entier : les bagages, les enfants tenus à la main de peur qu’ils ne se perdent, les adieux émouvants d’un couple. enlacé :…
Arrive un homme qui s’avance vers un guéridon vide du café. Il commande une soupe et du pain. Il s’installe et ouvre le journal. On le sert. Il lit toujours son journal. Pendant ce temps des moineaux viennent manger le pain. Tout le pain. L’homme réclameses tartines. Et la scène se renouvelle.
Autour de lui des trains arrivent, d’autres partent, des gens marchent tranquillement, d’autres sont plus pressés.
Qui aime l’atmosphère si particulière des gares, ce lieu où l’on est encore là et déjà ailleurs sera ravi de cette évocation pleine d’humour et de poésie.
Une histoire sans texte pour mieux lire les images. Absolument délicieux.
A recommander dès 3 ans
Posté le 11.09.2006 par parolimage
On connaît le travail immense de Muriel Bloch pour collecter les contes sous toutes les latitudes et la compilation thématique de ces contes est un pur bonheur. Ici, le nouveau venu est 365 contes en ville, édité chez Gallimard jeunesse et illustré par Ricardo Mosner.
Eh, oui, la ville aussi enflamme l’imaginaire du conteur et notre dénicheuse d’histoires extraordinaires nous comble avec une histoire de ville par jour qui nous mène de Damas à Madrid, de Dakar à Pékin, de Bruxelles au Niger, de Babel à Babylone, de Rome à Besançon. Tant de lieux pour un voyage à nul autre pareil !
Et puis, à côté des récits anonymes, Muriel Bloch a invité à ce grand banquet du conte : Kafka, Italo Calvino, Andersen, Salman Rushdi, Bertold Brecht…et Muriel Bloch elle-même.
Des contes en ville, donc, drôles ou émouvants, fantastiques ou inquiétants, très courts, plus longs…De quoi accompagner nos jours et nos soirées dans un plaisir sans cesse renouvelé.
Les illustrations de Ricardo Mosner qui ponctuent le texte sont totalement réussies : finesse, humour, poésie sont au rendez-vous.
Un recueil à recommander pour tous à partir de 8 ans