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parolimage
Description du blog :
Analyse critique de la littérature jeunesse
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
17.04.2006
Dernière mise à jour :
27.08.2008
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Loin, très loin de tout

Posté le 09.09.2006 par parolimage


Pour aborder un récit qui s’adresse aux adolescents, je voudrais vous présenter : “Le plus grand matin du monde” de Kochka édité chez Thierry Magnier.

Kochka est née au Liban en 1964, d’un père français et d’une mère libanaise. En 1976, la guerre contraint la famille à l’exil. Et c’est justement d’exil dont il est question dans ce roman.

Français, Jacques Morhange continue à vivre et à travailler au Liban. Il est architecte et ne rêve que d’une chose : reconstruire ce que les bombes ont détruit durant la guerre des années 1976. Cependant, il a mis sa famille à l’abri. Sa femme libanaise, sa fille et son fils vivent à Paris.

Un matin, Jacques Morhange reçoit un coup de fil de Paris. Son fils est à l’hôpital. Tombé d’un toit, il gît dans le coma. Ce n’est pas un accident, c’est une tentative de suicide.

Sur la route qui le mène à l’hôpital, Jacques Morhange découvre Zena, sa femme, meurtrie, brisée par le terrible événement qui ne fait qu’illustrer son propre désarroi : être loin de son pays, de ses amies, de son mari...Plus tard, sa fille Adèle raconte ce que signifie l’exil pour sa mère et pour les enfants. Tout de retenu, le récit à peine apparaître l'anorexie de la jeune fille.

Pendant ce temps, Elie reste dans son coma. Chaque jour, le père se rend à son chevet. Il essaie de comprendre. Comprendre ce geste insensé. `

Plus tard il rencontrera la petite amie de son fils qui ignore tout de ce qui s’est passé mais qui avait quelque chose à transmettre au père d’Elie : il s’agissait d’une enveloppe. Elle avait trouvé ça bizarre, mais n’a pas cherché à comprendre. Cependant, pour remettre l’enveloppe au père, il fallait que ce dernier trouve un code. Il s’agit, bien sûr d’une expression surgie lors d’un moment de grande complicité entre le père et le fils

Quand, enfin, Jacques Morhange ouvre la lourde enveloppe, il découvre le journal intime de son fils : rêve s d’enfance, souffrance de l’exil, absence du père…
La sortie du coma d’Elie sera tardive. A la fin du récit, on peut lire une lettre adressée à son père dix plus tard. Elie est un adulte toujours solitaire mais apaisé. Souhaitant devenir chercheur il pense sublimer sa souffrance passée en travaillant sur “Linfiniment petit et l’infiniment grand”.

Un texte sobre, d'une lecture aisée et qui ouvrira, sans aucun doute à la discussion.
A recommander à partir de 11 ans



--

Aux marches du palais

Posté le 08.09.2006 par parolimage

Un bel album plein de nostalgie, puisqu’il s’agit d’une mise en scène d’une vieille chanson du folklore, au rythme lancinant : Aux marches du palais. Edité chez Didier Jeunesse dans la collection pirouette, le texte est illustré par Charlotte Mollet.

Chacune des strophes est illustrée par des papiers découpés d’une grande élégance qui se déploient sur une double page, chacune d’une couleur différente. Au jeu de ce théâtre d'ombre on reste subjugué.

Le beau texte est servi, ici, par le jeu des camaïeux d’un grand raffinement.

Sur la dernière page, on peut lire la partition qui permet une réappropriation du patrimoine.

Alors, comment ne pas avoir envie de fredonner le chant ? Comment ne pas avoir envie de laisser errer son regard sur les pages du livre qui sont un véritable ravissement. ?

A recommander pour tous à partir de 5 ans.

Le pêcheur et l'oie

Posté le 07.09.2006 par parolimage



Quoi de neuf ? Tout simplement quelques titres glanés au cours des lectures vagabondes de l’été.
Quel album charmant que nous délivre Anne Brouillard aux éditions du seuil. Il a pour titre Le pêcheur et l’oie.
Une histoire sans texte, sans doute pour mieux lire les images qui nous disent tant de choses. Une histoire simplement peinte à l’aide de merveilleuses aquarelles.
Sur la page de gauche trois planches horizontales. Sur la page de droite, une pleine page.
Une rivière, non plutôt un étang. Des canards, un pêcheur, son siège, son panier à poissons, son parapluie et évidemment sa cane à pêche.
Une oie fait irruption dans l’histoire. Elle entre dans la page par la gauche.
La partie de pêche commence avec un petit -trop petit poisson. Allez, on rejette à l’eau. Puis il se met à pleuvoir. On ouvre le parapluie. On partage le repas
A partir de là, des illustrations pleines page accélèrent le rythme de la narration.
Le pêcheur découragé plie bagage. A ce moment, l’oie plonge dans l’eau et rapporte un très gros poisson.
Un très bel album magnifiquement illustré. Aucun texte, mais le dialogue se devine à travers le dessin expressif des personnages.
Une lecture pleine de doucuer et de gentillesseà partager.
A recommander à partir de 4 ans

Margot la folle

Posté le 31.08.2006 par parolimage

Margot la folle/ Geert de Kockere, ill. Carll Cneut, traduction du néerlandais par Emmanuèle Sandron - Circonflexe Editions, coll. Album.

Le très beau texte est mis en miroir par les illustrations de Carll Cneut qui s’approprie la Dulle Griet, la “Margot la folle” de Bruegel l’ancien, dont le tableau lui-même est fortement imprégnié de l’oeuvre de Jérôme Bosch.

La couverture noire du livre annonce la noirceur d’un monde à l’envers. En effet, dès la première double page, Marguerite, appelée Margot, pousse les gens du haut d’une tour pour les voir tomber, cul par-dessus tête. Puis l’album se déploie en mettant en scène des personnages qui évoluent derrière les masques d’une humanité déshumanisée. Finalement, Margot la folle brandissant une épée, plonge littéralement dans l’enfer.

Marguerite du début est une petite fille comme toutes les autres petites filles. Mais de transgression en transgression elle se métamorphose en un être de furie jusqu’à sombrer dans la folie.

Tout un monde de désordre, de bric-à-brac de personnages grotesques, ponctue le texte dont le rythme limpide nous mène, cependant, inexorablement vers la chute finale et la mort de Margot.

A travers la construction remarquable des images, Cneut revisite l’oeuvre du peintre flamand dont on retrouve le tableau en quatrième de couverture. La mise en scène, la mise en image, la mise en œuvre de la palette des couleurs est un véritable défi.Tout est à voir, à découvrir, tout porte sens. Ce monde en folie mutiplie les situations incontrôlables. L’image récurante du poisson dévoré et dévorant renvoie au monde de la gloutonnerie. Le regard se promène dans la page pour y être surpris par l’inquiétante étrangeté des êtres biscornus qui s’y exposent. Mais la mise en page reste aérée, moins oppressante que l’oeuvre de référence. Et, pour le jeune public, l’humour sous-jacent à l’image permet le recul pour aborder cette l’histoire terrible de Margot qui offre son coeur au diable .

Du texte à l’image, la double interprétation toute personnelle du tableau de Bruegel est littéralement fascinante. Les auteurs, dans la complicité de leur travail, on su garder la distance nécessaire afin de créer une oeuvre originale.

Une entrée très réussie pour aborder l’oeuvre de référence. Un albumr étonnant par l’âpreté, la force et l’émotion qui s’en dégagent.

Une lecture complice adulte-enfant permettra d’établir des passerelles entre le monde de l’écrit et celui de l’art. Une belle manière d’aborder le patrimoine.

A recommander pour tous à partir de 1O ans



Peter Pan

Posté le 16.08.2006 par parolimage

Aujourd’hui, je vous propose un ouvrage rare, d’une grande beauté, très surprenant.
Il s’agit de Peter Pan de James Mattheus Barrie, illustré par Suzanne Janssen et édité aux éditions Etre.

Ce n'est pas un livre à emporter dans sa valise, mais c'est à garder chez soi pour le lire et le relire.

Nous avions eu le Pinocchio illustré par Lorenzo Mattoti, Alice au Pays des Merveilles, illustré par Nicole Claveloux et nous avons enfin ce grand classique du livre de jeunesse magnifiquement illustré par Suzanne Janssen.

C’est un grand livre à la tranche toillée rouge. Des pages glacées couleur crème, une typographie rafinée et des illustrations saisissantes. Voici un livre qui ne laisse pas indifférent.

Loin des clichés, style pailletes naïves étoilées, ici pas de personnages mièvres. L'illustration exprime la dimension poétique et dramatique de l’histoire de ce petit garçon qui ne voulait pas grandir.

Forme dépouillée, prédominance du noir et du blanc pour le dessin, mise en page subtile . Mais ce qui surprend ce sont les doubles pages pages en couleurs qui annoncent double chaque nouveau chapitre et qui laisse place au rêve.

Pareil à un miroir brisé, l’image déformée des personnages joue des métamorphoses. C’est troublant, c’est somptueux et l’histoire est si belle.

Certes, le coût de l’ouvrage peut dissuader, mais précipitez-vous en bibliothèque pour un grand moment de lecture du texte et de l’image.

A recommander pour tous à partir de 11 ans

L'afrique, petit Chaka

Posté le 10.08.2006 par parolimage



Avec « L’afrique, petit Chaka », de Marie Sellier et Marion Lesage, nous abordons à la fois le domaine du conte et le domaine de l’art. En effet, l’album, paru dans les éditions « des musées nationaux », évoque la transmission orale, typiquement africaine, et qui initie un jeune enfant au sens de la vie.

Ainsi va se dérouler devant nos yeux un merveilleux conte initiatique où la pensée et le regard interagissent pour appréhender ce très beau texte.
La couleur et la texture du papier utilisé, sont servies par de belles illustrations qui rythment le récit : une pleine page de superbes aquarelles qui évoquent la vie quotidienne et une page de texte émaillées de vignette représentants la diversité de l’art africain.

Un texte sobre, un beau livre. A mettre entre toutes les mains à partir de 6 ans.

Le prince de la rue

Posté le 08.08.2006 par parolimage
L’album qui suit, « Le Prince de la rue » de Dominique Mwankumi est édité à L’école des loisirs, dans la collection Archimède.

Cet album qui met en scène deux enfants, illustre une des facettes de la société congolaise. Ces enfants, pour survivre, fabriquent et vendent des jouets à partir de morceaux de fer récupérés dans la décharge. Mais la loi de la rue à Kinshasa est dure pour les deux enfants…

La fin de l’histoire, laisse, malgré tout une lueur d’espoir et les merveilleuses aquarelles de Mwankuma, douces et lumineuses, atténuent la dureté de la situation.

C'est un album qui traduit la dure réalité des enfants des rues mais qui traduit également l'énergie des êtres humains à transcender le malheur dans les menus gestes de solidarité et dans la part d'imaginaire qui permet de survivre, malgré tout.

A recommander dès 5 ans

Cocorico, petit Pila

Posté le 04.08.2006 par parolimage

Malgré toutes les difficultés que connaît l'Afrique, cet immense continent n'est ni un bloc indifférencié –chacune de ses régions ayant une identité propre- ni totalement désespéré face aux effets dévastateurs d’une certaine forme de « modernité ».

Ainsi, la littérature, comme moyen d’expression est bien vivante. Elle touche depuis quelques années la littérature de jeunesse à laquelle elle offre des œuvres de qualité très diverses dans leur expression graphique ou narrative et contribue, par là, à une meilleure connaissance de la culture et de la société africaine.


Ajourd’hui, je vous invite à un petit voyage au Burkina Faso sur les pas de « Cococrico, petit Pila » de Véronique Vernette, édité chez « Points de suspension »

C'est l’histoire d’un poulet qu’on emmène au marché de la ville. Embarqué avec cochon, légumes et autres moutons dans un bus plein à craquer, petit Pila voit défiler le long de la route rouge et poussiéreuse toutes sortes de paysages.

Mais où veut-on l’emmener se demande le poulet apeuré ? Arrivé à Ouagadougou, son inquiétude est à son comble. Profitant d’un marchandage qui n’en finissait pas, Piga parvient à se sauver pour reprendre la route en sens inverse. et retrouver ainsi le chemin de la liberté.

Une petite aventure espiègle, illustrée sous la forme d'un carnet de croquis. Ce petit album aux couleurs fraîches propose une évocation éclatée de l’espace. Drôle et agréable.

A recommander à partir de 5 ans



Andersen

Posté le 28.07.2006 par parolimage

L’an passé, dans le monde entier, on a célébré le bicentenaire de la naissance d’Andersen.
Andersen, qui a écrit des récits, des pièces de théâtre, des vaudevilles, s’est vraiment révélé avec ses contes. C’est en 1835 que sont édités « Les contes racontés pour les enfants
Andersen avait trente ans mais il écrivit jusqu’à sa mort, un recueil de contes pour le plus grand plaisir de ses contemporains. Sa notoriété traversa les frontières et nous avons tous en tête ces petits contes, à nous offerts, comme un cadeau qui traverse le temps et l’espace :

Le vilain petit canard- Les habits neufs de l’empereur- Les cygnes sauvages –La bergère et le ramoneur –La petite sirène –La petite fille aux allumettes- La Reine des neiges…

Ce qui caractérise Andesen, par rapport à Grimm, par exemple, c’est qu’il échappe au folklore. Son inspiration si subtile ne puise pas dans une collecte de contes issus de la tradition populaire. Il crée donc une œuvre totalement personnelle, empreinte d’humanité qu’il puise dans la fréquentation des enfants. Chez lui, les éléments les plus ordinaires sont prétexte à invention : un objet, une plante, un nain,, une princesse. En un mot du simple objet à la fée nappée de mystère.

Evidemment, le bicentenaire de sa naissance a donné lieu à quelques publication dont certaine de grandes qualités.

En 2005 est paru aux éditions nord-Sud le fameux conte : La Petite sirène, illustré par Lisbeth Swerger.

Un conte qui a fait le tour du monde. L’image de la Petite sirène de Coppenhague est présente dans tous les esprits. La petite Sirène dont l'éternelle solitude, malgré les passants nombreux qu viennent à sa rencontre pour y trouver peut-être un écho à leur propre solitude. Qui Sait ? C’est assurément le conte le plus connu. Le plus aimé ? Ca, je ne sais pas.

Mais l’ouvrage présenté ici est d’une totale beauté. L'illustration rythme un texte particulièrement bien traduit. Les motifs épousent la narration : motifs marins, puis fleurs, puis insectes. De grandes planches, d’une fascinante beauté, ponctuent le texte offrant au regard du lecteur de véritables tableaux.

Un album qui éblouit par la musicalité du texte et des images.

A recommander pour tous dès 5 ans















A recommander pour tous à partir de 7 ans


E- Musique : Chostakovitch 3


La vie comme Elva

Posté le 24.07.2006 par parolimage
Avec ce roman de Jean-Paul Nozière, édité chez Thierry Magnier, nous abordons un récit qui traite d'une fermeture d'usine et de ses conséquences dans une petite ville, dont l'existence même tourne autour de "La francilienne".

Chez les Bardiet, c'est un samedi, que la nouvelle arrive. Deux lettres, une pour le père, une pour la mère. Un courrier laconique qui dit le pire : ils sont licenciés en Septembre. Ils vont être quatre-vingt à connaître le même sort. Le fils Maurice ne fait pas partie de la charrette. Pas encore.
Que faire ?
"On va se battre", dit Elva.
Les ouvriers s'organisent. Elva participe à sa manière. Elle a quinze ans mais c'est une rebelle.
Cependant, plus le temps passe, plus le doute s'installe.
Parallèlement, Elva fait la connaissance de Lucie la fille de Charles Lepontailler, le DRH de La Francilienne. Elle a dix-sept ans et sa beauté éclate partout où elle passe. Elles se rencontrent et c'est le coup de foudre. Entre Elva "La rouge" et Lucie que tout devrait opposer, la révélation du sentiment amoureux est aussi impétieux que leur jeunesse. Lucie ira jusqu'à participer au mouvement.
Au bout du récit, on apprend que l'usine fermera en décembre, laissant la ville exangue. Les parents d'Elva, ouvrent une pizzeria à Strasbourg ,"La Francilienne", mais rien n'est plus comme avant.
Le père de Lucie sera DRH à Brest et noiera son chagrin dans les sorties en mer. Lucie terminera ses études de Droit. Elva veut être comédienne.
Les deux jeunes filles se téléphonent souvent, persuadées qu'elles se retrouveront un jour "parce que le temps des cerises reviendra". "Il revient toujours quand on y croit", avait dit Elva.
Loin du récit lénifiant, jean-Paul Nozière a écrit un roman dont le mérite est d'éviter le piège du manichéïsme. Nombre de détails sont d'une grande justesse. La relation amoureuse des deux jeuns filles, sur fond du mouvement social qui ébranle la ville, est traité sans esquive mais avec délicatesse.
Un tel récit ne manquera pas d'intéresser les adolescents et les adultes si tant est qu'il n'y pas de littérature pour les jeunes mais de la littérature tout court.
A recommander pour tous à partir de 13 ans
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