Posté le 18.06.2006 par parolimage
Bonjour,
Voici un livre rare, un livre étonnant, un livre sublime.
C’est un livre de Kveta Pacovska. Son titre en est simplement :" Un livre pour toi", édité au Seuil.
Un livre pour toi, est-ce donc un livre cadeau ? Oui, un livre cadeau, puisqu’il s’agit d’une commande faite à la célèbre confectionneuse de livres “artiste” par le Conseil Général du Val de Marne pour l’offrir à tout enfant né en 2005.
Dans le val de Marne, c’est maintenant une longue tradition.
C’est un superbe livre objet. Quand on l’ouvre, c’est une succession surprises : couleurs, matières, pliages, effets de miroirs, travail des perspectives par les ouvertures dans le papier qui laissent voir, qui laissent entrevoir...
Et l’usage des couleurs est d’un dynamisme inouï.
Voici ce que Vetka Pacovska répondit à une une crtique d’art qui l’interrogeait sur la prédominance du rouge dans son œuvre :
J’aime toutes les couleurs mais certaines sont plus difficiles à travailler que d’autres :
Le blanc est la meilleure couleur pour moi car elle est pure
Le jaune est la meilleur couleur pour moi de par sa chaleur
Le rouge est la meilleur couleur pour moi, chaleureuse et brillante
Le vert qui est la meilleure couleur pour moi reflète le vivant.
Le bleu est la meilleure couleur pour moi parce qu’elle est liée à notre esprit
Le noir est la meilleure couleur pour moi car c’est la reine des couleurs qui contient toutes les couleurs, les recouvre toutes.
Chaque couleur pour moi est la meilleure.
Mais ce livre qui offre tant de beauté et de poésie quand on le déploie au sol et que l’on se place au centre, on se trouve alors, au milieu d’un cercle magique où l’on découvre tout un monde, tout un autre monde.
Kveta Pacovska, d’origine pragoise, a reçu pour ses albums de multiples prix internationaux dont le célèbre prix Hans Christian Andersen et ses œuvres sont exposées dans le monde entier. Elle conçoit son travail comme le lien étroit entre l’art et la vie. Et c’est splendide !
A découvrir et à recommander pour tous à partir de 3 ans
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Posté le 14.06.2006 par parolimage
Voici un récit réaliste intéressant et par la forme et par le contenu :"La vie, ça vaut le coup" de Gus Kuïjer, édité à l’Ecole des loisirs dans la collection Neuf.
Au début, on fait connaissance avec Paulin, le personnage central, pleine d'allant et de vivacité. Le ton est léger et très agréable.
Cependant, à mesure que l’on avance dans l’histoire on apprend que le père de Pauline est SDF, que la drogue est la cause de la séparation des parents, que la mère de Pauline a un nouveau compagnon et envisage de se marier, que Pauline a un petit copain du nom de Mimoun qui fait comprendre à Pauline qu’elle seule peut convaincre son père de se soigner.
Le drame familial vécu par la jeune Pauline entraîne peu à peu la dramatisation du récit et lorsque le père lui écrit cette phrase terrible :"je ne sais pas pourquoi je suis sur terre", Pauline est à fois bouleversée et désorientée. Commen interprêter une telle parole ?
A la fin du roman, lorsque Spiek accepte de se sevrer, c’est sa fille qui restera avec son père dans le centre spécialisé (c’est une possibilité en Hollande). Il en coûte beaucoup à Spiek de franchir la grille, de traverser le parc pour enfin, pénétrer dans l’établissement. Mais Pauline est là. Nous ne saurons rien de la suite.
C’est un roman totalement réussi sur un sujet grave qui s’adresse, ici, à de jeunes enfants.
L’écriture, pleine de pudeur dit des choses essentielles. La personnalité de Pauline est très attachante : vivante, imaginative, généreuse et volontaire. Un roman qui a tout pour plaire à un large public de jeunes lecteurs.
A recommander dès 9 ans
Posté le 12.06.2006 par parolimage
Voici un album qui traite avec malice de la complicité entre une petite fille et son grand-père. Il s’agit de “Quel cafouillage !” de Giani Rodari édité à l’Ecole des loisirs.
Lorsque grand-père veut raconter à sa petite fille l’histoires universellement connue du Petit Chaperon rouge, il transforme sans cesse le conte original.
Evidemment l’enfant de l’histoire, rétablit la vérité du conte, comme le fera ensuite avec jubilation l’enfant lecteur . Ainsi, s’instaure un petit jeu très stimulant entre le narrateur et la jeune destinatrice. Mais lorsqu’à la fin de l’histoire, le grand-père avance une proposition encore plus saugrenue mais particulièrement alléchante,alors on ne sait plus qui du Petit Chaperon rouge ou de la petite fille s'avance fièrement en faisant une grosse bulle avec sa bouche, de chewing gomme, bien entendu.
Une mise en page pleine de drôlerie d’Alessandro Savanna. Jeu des symboles. Couleurs rouge et verte omniprésentes. papier découpés, peinture, graphismes aux traits précis.
Tout l'album respire le plaisir, la bonne humeur, une merveilleuse complicité. Un petit régal.
A recommander dès 4 ans
Posté le 10.06.2006 par parolimage
Voici un album que je recommande à tous, absolument : "Le jacquot de monsieur Hulot" de David Merveille d’après le personnage de Jacques Tati, aux éditions du Rouergue.
C’est une évocation pleine d’humour de l’univers si singulier de Jacques Tati.
Nous avons tous en mémoire : “Les vacances de monsieur Hulot”, “Jour de fête”, “Trafic”, “Mon oncle”, films mythiques qui nous enchantent encore et toujours. Les enfants les connaissent moins, sans doute. Mais qu’importe, l’album se suffit à lui même, tant il fourmille de subtilités dans chacune des petites scènes évoquées.
En effet, chaque grande planche qui fonctionne en triptyque, met en scène un événement dans un décor qui évoque le quotidien.
Prenons la première planche :
Une chambre d’étudiant, encore pleine de rêves d’enfant : un crocodile sous le lit, un petit singe mécanique qui joue du tambour, un album au titre chargé d’humour : Fait pour ça, une trompette (celle de Boris Vian, sans doute), un petit déjeuner sur une nappe à carreaux, une affiche de “Jour de fête” et bien sûr, accroché à une patère le chapeau, le long l’imperméable, la pipe et la raquette de Mr Hulot.
Le jeune homme de la chambre appuie sur l’interrupteur et le jour se lève sur Paris.
Au fil des planches, une multitude de références aux films, aux personnages des films, aux gags des films, aux lieux, aux objets. Et l’on peut voir aussi le jacquot de Mr Hulot et Mr Hulot, lui-même.
Humour, poésie sont au rendez-vous. Les dessins, les couleurs de David Merveille participent à la réussite de cet album.
Les enfants découvriront tout un monde qui fourmille de détails comiques et les aînés tourneront les pages avec nostalgie. Une occasion, pour tous de revoir les films en famille.
A signaler, d’ailleurs la sortie récente en DVD de “Mon oncle”
A recommander pour tous dès 4 ans
Posté le 08.06.2006 par parolimage
Voici un conte absolument délicieux. Edité chez Didier jeunesse, dans la collection « aux couleurs du temps », Praline Gay-Para nous propose un texte inspiré des « Lutins III » des frères Grimm et, ici, adapté pour de jeunes enfants. Il s’agit de « Le monstre et le bébé ».
L’histoire des lutins (ou des fées) qui profitent que la mère ait le dos tourné pour enlever son bébé et le remplacer par un « Changelin » (un être surnaturel) connaît plusieurs variantes en Europe. Ici, Praline Gay-Para nous en offre une version à la fois simple et drôle. La gentillesse et la fraîcheur du propos procurent un véritable plaisir.
Les illustrations sont belle, joliment colorées et pleines d’humour
A recommander à partir de 3 ans
Posté le 07.06.2006 par parolimage
Voici,un album étonnant d’Irtvan Banyai, édité chez Circonflexe dans la collection « Aux couleurs du monde ». Son titre en est : « De l’autre côté »
Quel est donc le sujet de ce si bel album ? Un sujet très simple répondant de façon très personnelle aux questions que se posent les enfants :
Qu’y a-t-il de l’autre côté du rivage ? Que se passe t-il derrière le rideau ? Que voit le tigre derrière sa cage ? Que se passe-t-il derrière la porte de la classe ?…
Pour ce faire, l’auteur illustrateur nous propose un album malicieux, intelligent et magnifiquement dessiné par le jeu des perspectives et des cadrages qu'il met en scène avec beaucoup de malice.
Ce qui est présenté c’est le point de vue différent, comme quoi le réel n’est pas une évidence : de haut en bas, devant derrière, de jour de nuit, d’un personnage à l’autre.
Un album muet qui nous mène de surprise en surprise et qui nous offre un travail d’une rare élégance et plein d’inventivité. Le noir, le blanc et le gris sont dynamisés par des points jaunes ou rouges. L’ensemble nous propose de façon superbe un monde à regarder sans dessus dessous.
Bien des détails échapperont en première lecture, d’où le plaisir renouvelé aux lectures suivantes.
Pour tous à partir de 6 ans
Posté le 04.06.2006 par parolimage
Pour les plus grands, voici un récit illustré, paru en 2002 chez Nathan, et qui conserve toute sa force et son actualité philosophique.
Il s’agit de "l’Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" de Robert Louis Stevenson. Le thème du sorcier moderne est, ici, introduit avec éclat. L’adaptation qui en est faite est particulièrement soignée. Ombre et lumière des leux, décalages des situations et traitement de l'intrigue sont exprimés, ici, avec beaucoup d'efficacité et d'élégance.
L’étrangeté du propos est rendue par une certaine couleur narrative dès l’introduction de l’histoire.
L’opposition entre Jekyll, humain , tout en finesse et cordial et Hyde à l’aspect bestial et repoussant signe la dualité entre le bien et le mal.
On apprendra, finalement, que les expérimentations du docteur Jekyll ont créé son double maléfique en Mr Hyde. Et, lorsque Hyde tente de redevenir Jekyll, incapable de retrouver la bonne formule de sa mixture, il se tue pour échapper à la police pendant que le bon Dr Jekyll meurt à son tour.
Le combat du bien et du mal, vieux mythe de l’humanité, est traité à travers l’album dans un suspens magistral. Et, les illustrations superbes de Ludovic Debeurme rendent magnifiquement l’étrangeté du récit.
Nul doute que cet album séduira le lecteur jeune et adulte.
A recommander à partir de 12 ans
Posté le 02.06.2006 par parolimage
Voici "29 février" de Rémi Stefani, paru aux éditions Métis.
C’est l’histoire d’une longue journée, 34 heures exactement, qui va bouleverser la vie de Léo.
Léo, n’est autre qu’un jeune homme, employé d’une entreprise de pompes funèbres. Dans sa voiture-corbillard, il quitte l’Alsace pour se rendre à Saint-Jean- de Luz et s’apprète à traverser tranquillement le centre de la France. Il transporte dans le cercueil un mort : la dépouille de Joseph Bardot.
Mais, le mort se réveille et prend la direction des opérations. L’homme a de quoi surprendre : vêtu d’un costume jaune qui le fait penser à un canari, sûr de lui, fier de sa réussite dans le textile sur lequel il a bâti sa fortune. Pour couronner le tout, le même Joseph Bardot avait licencié dans une première fournée le père de Loïc, puis dans un deuxième temps Loïc lui-même.
Le vieux est en verve et le jeune, à son corps défendant, est séduit par les souvenirs que Bardot déverse à son oreille attentive. Et c’est dans le flot de ses confidences que Bardot dévoilera les secrets de son passé où la date du 29 février joue un rôle primordial, comme marque d’un destin inexorable.
Tout commença le 28 février 2004 à 7h40 ! Et je vous laisse découvrir la suite...
On lit se roman avec un plaisir sans cesse renouvelé. Outre le mélange des genres : roman noir, fantastique, existentiel, chargé d’humour, "29 février" est un savoureux mélange de noirceur, de social, de romantisme. C’est un road-movie à travers la France qui mènera notre héros juqu’au bout de son aventure, comme il ne l’avait jamais imaginée.
En outre le récit est savamment construit avec des aller retour passé/présent et une interrogation sur l’avenir qui ménage le suspens. On est constamment dans le doute, dans l’attente, et on baigne littéralement dans le plaisir.
Un roman qui se lit d’une traite. Des récit de cette facture, on en redemande.
A recommander pour tous à partir de 13 ans
Posté le 12.07.2006 par parolimage
“La charme”, est un récit de Jean-François Chabas, édité à l’Ecole des Loisirs dans la collection Médium.
Jean-François Chabas est un auteur de romans d’aventures reconnu et fort apprécié. La qualité de ses textes relève à la fois de l’ordre de l’intime et de du récit initiatique à travers de grands espaces traversés..
Ici, s’il s’agit d’une aventure, c’est d’uine aventure “immobile” dont il est question car tout se passe dans le milieu clos d’une cité.
Trois garçons, devenus trois amis. La quinzaine. trois amis, donc, que rien ne destinait à le devenir sauf que...
Il y a dans l’écriture du roman une savante alchimie d’une langue élégante et du langage “cité”. ce langage “cité” qui s’est évadé au point de devenir la langage “jeune”. Ainsi, le récit se déroule avec un naturel déconcertant.
Et puis la routine se brise sans qu’on s’y attendent : un jour, Tsen, dit ”La charm” sèche le collège. Malade dit-il. Ses copains n’y croient pas. Tsen les fuit. Tsen est effectivement malade. Malade d’amour. Et la chose n’est pas simple : la jeune femme est est beaucoup plus âgée que lui, est mère d’un petit garçon, elle aime d’un amour fou son époux défunt, se drogue et n’arrive pas à “décrocher”.
La découverte par ses amis d’une situation auss impensable les déroute quelque peu. Mais l’amitié semble indestructible pour ces mousquetaires des temps modernes.
L’aventure “immobile” est bien présente dans le roman : action, violence, présence de la mort, et , finalement, iévasion de Tsen vers l’Espagne avec sa bienaimée et son petit garçon.
Au bout du récit, tous ont grandi et comme dans tout roman d’aventures, sont prêts à affronter la vie.
C’est u roman fort à recommander pour tous à partir de 13 ans.
Posté le 27.05.2006 par parolimage
L’année 2005, correspond au 60 ème anniversaire de la première bombe atomique. Il y a certains événement que l’on a tendance à taire pendant que d’autres sont sous les feux de la rampe de l’actualité. Les éditions "Rue du monde" dans leur collection "Histoire d’Histoire" ont pris l’heureuse initiative de rappeler cet événement avec beaucoup de distance et de retenue. Le texte est d’Alain Serres et les illustrations de Zau.
Comment aborder pour un jeune lecteur cet épisode terrible ? Le conte, sans doute, est une manière de dire ces choses et la présente édition y réussit parfaitement.
Comme chaque année, Yoko prépare son cadeau pour sa vieille grande tante Tsukyo, depuis longtemps hospitalisée.
Comme chaque année, Yoko, veut connaître les faits par la bouche de l'aïeule. Comme chaque année, sa vieille grande tante se réfugie dans le désordre d'une mémoire perdue.
ET Yoko ne saura rien de plus cette année car Tsukyo est depuis bien longtemps dans un hôpital psychiatrique car le traumatisme a été trop grand.
Une approche sensible et pleine de retenue de l’histoire d’Hiroshima. De petites vignettes ponctuent le récit en nous rappelant les faits de façon précises, photos à l'appui.
Le dialogue entre la petite fille et sa grande tante qui avait son âge à l’époque des événements, montre le traumatisme des victimes de la bombe, victimes qui nombreuses se sont réfugiées dans l’oubli.
Le texte d’Alain Serres décrit bien le désir de savoir de l’enfant et pose le problème de la transmission. Les illustrations sont en adéquation avec le propos par l’utilisation de couleurs qui traduisent malheur et beauté de la vie.
A recommander à partir de 8 ans