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parolimage
Description du blog :
Analyse critique de la littérature jeunesse
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
17.04.2006
Dernière mise à jour :
03.07.2008
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Lunes de Chine

Posté le 10.02.2008 par parolimage

Voici un album édité par la récente maison d’édition “HongFeï”, dans la collection “Belle Ile de Formosa”.

HongFeï édite des œuvres venues de Chine et de Taiwan. Des contes, mais aussi de la poésie.

“Lunes de Chine” de Yang Huan, illustré par Thomas Nys, nous propose deux contes qui ne sont rien d’autre qu’une invitation au voyage imaginaire. je me contenterai de citer leurs titres qui donnent parfaitement la tonalité de l’ensemble :
-Chang’E s’envole dans la lune
-Le vieillard sous la lune
-Mélancolie au Palais de la lune

Deux contes mélancoliques qui nous charment par leur “exotisme” dû à leur forme narrative mais aussi aux références symboliques et culturelles d’une étrange singularité.

Les dialogues sont savoureux et l’ensemble de l’album est beau. Les illustrations allient la finesse du trait à la douceur des encres. On ne se lasse pas d’y poser le regard.

Un album non dénué d’humour qui laisse place au rêve.

A recommander à partir de 8 ans.




--

Au revoir les chats volants

Posté le 10.02.2008 par parolimage

Le récit qui suit, paru aux éditions Gallimard Folio Cadet, d’Ursula K. Le Guin et illustré par S.D. Schindler a pour titre “Au revoir les chats volants”.

Une histoire de chat, donc, mais de chats particuliers puisqu’ils ont des ailes. La vie est paisible dans la ferme de Overhill. trop pour la petite Chatte Jane. De plus, se demande-t-elle, à quoi sert d’avoir des ailes sinon pour voler ?. Aussi, un jour, sa décision est prise :elle part parcourir le vaste monde.

Le voyage est parfois mouvementé car la vue d’un chat volant a de quoi effrayer humains et animaux rencontrés. Un jour, cependant, elle pénètre chez celui qui se fera appeler Poppa.

Comme il l’aime cette chatte et comme il la gâte ! Mais bientôt Jane subira le défilé incessant d’hommes étranges avec leur attaché-case à la main. Mais surtout, ses passages à la télévision et le grand soin de Poppa de l’empêcher de sortir, font que la nostalgie de sa vie passée rend la petite Jane bien malheureuse.

Finalement, un jour, elle réussit à s’échapper et retrouvera auprès de sa mère un foyer bien aimant auprès d’une adorable vieille personne.

Un récit plein de charme, entre réalisme et fantastique, qui porte une réflexion sur la différence, la liberté et le bonheur.

Les illustrations à la plume et la doueur des aquarelles conviennent parfaitement à ce récit d’une lecture très plaisante.

Et pour les amoureux des séries, deux autres titres sont parus.

Bonne lecture, donc, à partir de 7 ans

Le chapeau de l'épouvantail

Posté le 29.01.2008 par parolimage


J'ignore si les images de la ferme parlent encore aux enfants des villes. Pourtant la réédition de l’album de Ken Brown “Le chapeau de l’épouvantail” aux éditions Gallimard jeunesse, dans la collection Folio Benjamin, devait réjouir nombre de jeunes lecteurs.

D’abord la structure en randonnée du récit, joliment rythmé est réjouissante. Imaginez qu’un épouvantail soit coiffé d’un vieux chapeau de paille mais qu’il préfèrerait posséder une canne. Le blaireau, lui, a une canne mais préfèrerait un ruban. Le choucas, quant à lui, possède un ruban mais préfèrerait un peu de laine. Et ainsi de suite.

La poule ira de l’un à l’autre des animaux et se retrouvera, finalement, devant l’épouvantail avec la canne désirée. Ce dernier offre à la poule son vieux chapeau. Avec quelques brindilles en fera un nid douillet.

L’illustration réaliste de Ken Brown, au dessin précis et délicat, mettent en scène les animaux dans leur environnement avec beaucoup de bonheur.

C’est rassurant, c’est coloré, c’est d’une grande gentillesse. Un album vraiment agréable que les enfants aimeront lire ou se faire raconter.

A recommander à partir de 4 ans

Les grandes questions

Posté le 26.01.2008 par parolimage

Avec “Les grandes questions” d’Agnès Desarthe, Mouche École des loisirs, nous abordons un registre très agréable.

On connaît la capacité de l’auteure à pénétrer au plus profond des pensées de l’enfance.

Ici, deux amies, Lena et Samira, partent en classe verte. Chaque soir, avant de s’endormir elles jouent au jeu des

questions. Ces questions sont parfois amusantes et parfois graves. Elles tentent d’y répondre. Et les dialogues brillent

par leur naturel, par leur justesse. Par exemple : Est-ce vraiment un crime d’être beau ? Peut-on mourir d’amour ? ...

C’est d’une telle fraîcheur que le lecteur, jeune ou plus vieux tombe sous le charme d'une histoire au style fluide et alerte.

On sent, à travers le récit, le plaisir d’écriture d’Agnès Desarthe et sa complicité réelle avec l’enfance.

Vraiment, on n'hésite pas à recommander ce livre.

A lire en famille. C’est enjoué, c’est juste et d’une lecture tellement agréable.

A recommander à partir de 8 ans

Jean-Débile Monchon et moi

Posté le 26.01.2008 par parolimage

Avec ce titre : “Jean-Débile Monchon et moi” de Vincent Cuvelier, édité aux éditions du Rouergue, dans la collection Zigzag, , il n’y aurait pas eu grand chose pour m’attirer. Cependant j’ai ouvert le livre et je l’ai trouvé sympathique.

Il n’est pas facile de fréquenter un autre pour le seul prétexte que les deux mères sont amies. Car l’histoire de ce court récit est celui de deux garçons que tout sépare. Benjamin, le narrateur a affublé Jean-Christophe de ce surnom parce qu’il le trouve trop bête, et surtout qu’il ne le supporte pas.

Alors, lorsque les deux mères décident d’aller à un concert de Céline Dion, trop loin pour revenir le soir même, elles ne trouvent pas spécialement la bonne solution : les deux garçons qui sont grands, n’est-ce pas, dormiront chez Benjamin et madame Chibbani viendra leur préparer le repas et les mettre au lit.

Dès le départ, Benjamin est au bord de la crise de nerfs. Pensez donc, Jean-Christophe débarque avec deux valises et sa propre télé -il sait bien que chez Benjamin, il n’y a pas de télé, et de ça, il ne peut pas s’en passer-. De plus, l’un ne jure que par les mangas, l ‘autre que par les BD. Pas vraiment le terrain d’entente.

Mais lorsque le lendemain matin, Abdallah, le fils de madame Chabbani vient jouer avec les garçons, l’histoire se corse. Après son départ, la game-boy de Jean-Christophe a disparu. Évidemment, Abdallah est accusé. “Les arabes sont tous des voleurs”. C’est son père qui le dit. Quant à Benjamin il arrive à douter, ce qui le met mal à l’aise.

Finalement la game-boy sera retrouvée. Savez-vous où ? Dans la cuvette des W-C. “Jean-Débile-Monchon” l’avait dans sa poche et la game-boy avait tout simplement glissé de sa poche.

C’est politiquement correct, certes, mais c’est vif, c’est plein d’humour. C’est aussi un récit sans autre prétention que de nous parler de l’enfance, mais aussi du racisme ordinaire. Et les illustrations d’Aurélie Grand conviennent parfaitement à ce récit dynamique et facile à lire.

A recommander à partir de 9 ans

Peut-être oui

Posté le 18.01.2008 par parolimage


Avec ce recueil de poèmes de Bernard Friot, paru aux éditions De La Martinière,nous pénétrons dans un monde poétique assez exceptionnel. Pour l’auteur, s’adressant à un public adolescents, ses poèmes ont un caractère loin de la “joliesse” trop souvent en vogue lorsqu’il s’agit de la jeunesse. Ici, tout es construit à travers une langue d’une grave et belle simplicité. La beauté formelle des textes ne s’écarte jamais d’un contenu éminemment humain. Dans le “Je”, ici délibérément revendiqué nous pénétrons dans les interrogations existentielles avec l’évidence de celui qui parle un langage vrai.

Nous ne nous lassons pas de lire et relire ces mots jeté sur la page avec leur architecture, leur absence d’une ponctuation qui enfermerait la pensée, les blancs qui donnent au lecteur son espace de liberté.

Perte de l’enfance, peur de l’avenir mais aucune résignation dans la mélancolie des mots.

Et les illustrations d’Elisabeth Ferté s’inscrivent dans la page des mots nous invitant à porter le regard sur son propre parcours.

Une superbe maquette contemporaine. Un livre qu’il faut ouvrir. On ne le quittera plus

Pour tous à partir de 13 ans

Les yeux qui chantent

Posté le 18.01.2008 par parolimage


J’avais présenté, il y a peu, “Dans moi”, un texte d’Alex Cousseau. Ici, c’est aux éditions du Rouergue que l’auteur fait paraître “Les yeux chantent” dans la collection doAdo. Ce petit livre de poche offre les mêmes qualités de finesse et de gravité, non dénuées d’humour.

Grand-Ma est morte cette nuit. Son camion s’est déporté. William et sa petite sœur Violette éprouvent une tristesse profonde. Grand-Ma était une grand-mère formidable. Conteuse et raconteuse d’histoires, parfois de pure invention comme par exemple lorsqu’elle disait qu’elle fut joueuse de batterie du temps de sa jeunesse.

Un jour, en voyant une abeille, Grand-Ma déclara à Violette que lorsqu’elle serait morte elle se transformerait en abeille.

Or, un matin, William, pour protéger sa sœur, coupa net un frelon en deux. Violette en fut toute chamboulée et déclara : “Tu as tué Grand-Ma” Aussi, allèrent ils enterrer le frelon au pied d’un arbre. Mais lorsque la chose fut faite une question les tarauda : comment enterrer grand-mère, loin e grand-père enterré, lui, dan le cimetière ?

Une belle histoire, pleine de finesse et de tendresse qui se termine sur une prise de conscience, tout en douceur, de l’acceptation de la perte irréversible de ceux qu’on aime mais dont le souvenir nous aide à vivre.

A recommander dès 10 ans

Tête-àt-tête

Posté le 15.01.2008 par parolimage


“Tête-à-tête, 15 petites histoires pas comme les autres,” de Geert De Kockere, illustrées par Klaas Verplancke aux éditions Milan. Cet album décline 15 petites histoires vraiment pas comme les autres. Leur caractère philosophique en donne toute la saveur à travers un propos tout à la fois léger et amusant.

Pour chacune des histoires, deux animaux sont mis en scène et dialoguent avec sérieux et réfléchissent, tout en laissant au lecteur l’espace nécessaire à ses propres réflexions. Les grandes questions sont abordées avec une douceur rassurante telles que : la vie, la mort, l’amour , l’amitié ...

L’ensemble est écrit sous forme de dialogues totalement délicieux.

Quant aux illustrations pleine page, elles sont drôles et raffinées. C’est très réussi.

Un album qu’on ne saurait trop recommander qui allie profondeur du propos et humour, tant dans la narration que dans les illustrations. Un vrai petit régal.

A recommander vivement à partir de 6 ans

La Glu

Posté le 14.01.2008 par parolimage


“Petit Poche” des éditions Thierry Magnier, est une collection bienvenue dans l’édition jeunesse. La qualité des auteurs invités est déjà un gage de qualité, mais son petit format, à “mettre dans la poche” et son prix relativement modique devrait conquérir la frange des petits lecteurs, toutefois exigeants.

Le titre de l’ouvrage présenté ici “La Glu” et l’auteur en est Mathis

La Glu, c’est le nom qu’a donné Lucas à son jeune frère.

Dans ce récit il est question de la difficulté d’être le grand frère du plus petit et Lucas ne supporte pas d’avoir son frère sur les talons du matin au soir et du soir au matin et jusque dans son lit lorsque celui-ci entend une respiration dans sa chambre sous la soupente. Pourtant, il l’aime bien ce frère et même beaucoup.

Le père des enfants est mort dans un accident de la route et chacun, à sa manière, en souffre.

Quant à la mère, elle a eu depuis plusieurs “amis” qui ne restent jamais longtemps. Seulement un soir, un certain Hugues fait irruption dans la vie des enfants. Peut-être, celui-ci sera le bon ? Peut-être Le Glu pourra grandir et accéder à son autonomie en laissant à Lucas son espace de liberté ? La fin ne le dit pas mais tous espèrent.

Un beau récit, au ton très juste. Très délicat aussi, pour dire les choses de la vie avec une belle simplicité .

A recommander dès 8 ans

Moi, j'attends

Posté le 14.01.2008 par parolimage


Quel plaisir de vous présenter ce très bel album des éditions Sarbacane, de Davide Cali et illustré par Serge Bloch. Le titre en est “Moi, j’attends...”
C’est un album au format très allongé qui s’étire donc comme le temps. La couverture représente une enveloppe et, dans la fenêtre de l’enveloppe on peut voir un jeune garçon qui porte autour du cou un ruban de laine rouge.

Et puis, on voit le même enfant étirer le fil tout le long de la double page suivante où il dit : J’attends de grandir

On passe ainsi de page en page, de double page en double page pour parler des attentes quand le temps s’écoule de son pas irréversible.

C’est ainsi que nous suivons le fil de la vie qui se déroule devant nous par l’intermédiaire d’un texte sobre et d’un trait si juste qui forcent l’émotion. Si peu de mots pour dire tant de choses. et l’on se prend à tenir ce fil qui nous fait traverser une vie qui sera le futur de l’enfant et qui fut peut être la notre, ou celle d’un voisin.

Le dessin minimaliste laisse place à de grands espaces blancs qui laissent place à sa propre réflexion.

C’est un livre superbe, doux et profond.

A recommander pour tous à partir de 5 ans
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