Posté le 16.12.2007 par parolimage
Chez Gallimard jeunesse, voici un album pleine de gentillesse et de fraicheur. Il s’agit de “Joyeux Noël Pénélope ! ” D’Anne Guttman et illustré par Georg Halensleben.
C’est Noël et c’est la fête chez Pénélope. Toute la famille est là : on invente, on crée, on imagine, on fabrique, on multiplie les situations pour aviver le plaisir. Les auteurs interpellent le jeune lecteur et l’invite à participer : “ouvre vite le rideau ! “, “Tu aides Pénélope à construire son jouet ?”,
Les illustarations sont en harmonie parfaite avec l’atmosphère chaleureuse et gaie du propos.
Un petit régal à partager pour les 2-5 ans
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Posté le 15.12.2007 par parolimage
Noël s’annonce déjà et je vous propose une histoire radieuse qui sied si bien à ces temps de fêtes. Il s’agit d’un petit livre de Michael Morpurgo, illustré par Quentin Blake : "La nuit du berger", édité chez Gallimard jeunesse
C’est une petit livre de forme carré que l’auteur dédie à tous les enfants qui lisent un soir de Noël. Et il est bien vrai qu’il s’agit d’un livre pour tous les enfants. Croyants ou non, le texte s’inscrit dans la merveilleuse tradition des récits mythiques. Et ici, le texte en est splendide
Je vous laisse découvrir les illustrations de Quentin Blake légères, vivantes avec un art du dessin débordant de vie. C’est un petit livre par la taille, mais grand par la manière de conter une histoire qui a traversé les siècles
A recommander pour tous à partir de 8 ans
Posté le 11.12.2007 par parolimage
L’album qui suit est un autre point de vue du magnifique : “Lettres des îles Gérafines”, écrit par Albert Lemant qui avait été édité aux éditions du Seuil. Ici, le titre en est “Le journal d’Emma”, toujours au Seuil.
C’est dans une malle qu’Alice, la petite fille d’Emma Pawlette trouve le journal de sa grand-mère et nous le fait partager.
La narratrice, donc, puisqu’il s’agit d’Emma, s’adresse à son journal et commença de façon enjouée à se réjouir de la journée qui s’annonçait merveilleuse , disait-elle, puisqu’on allait fêter le 15 ème anniversaire "de la fille unique et préférée du vingt-septième comte de Pumpernickle, votre servante”
Ce jour-là son cousin Douglas présenta à Emma son ami de collège Marmaduke Lovingstone Mais ce dernier, suivi de Douglas n’eut cure de la jeune fille. Ils s’enfermèrent dans la bibliothèque du “Président de la Société royale de géographie, de son honorable papa.”.
Et c’est ici que Marmeduke s’écria :
“Je le savais : 51°34’ de latitude nord, 10°33’ de longitude ouest”.
Une folle exploration commencera trois ans plus tard, après avoir fondé “Le club des girafologues extraordinaires”. qui se fixa comme but de “partir sur les traces de ceux que nous appellerons provisoirement le peuple des girafes”.
Le long périple mènera le lecteur à travers bien des contrées et lui fera découvrir certaines curiosités de chacune des cultures rencontrées. Le trio un peu fou resta, tout au long de ces années, convaincu de la justesse de sa quête, puisqu’à chaque étape le motif de la “girafe” leur apparaissait à travers des objets usuels, artistiques ou de culte.
Faussement naïf, terriblement anglais, le récit se déroule de façon parfois extravagante. C’est aussi la traversée d’une époque qui nous conduira jusqu’aux bouleversement du début du siècle, à travers la première guerre mondiale et autres expéditions coloniales.
Finalement, Emma se rendra au pays des girafes. Elle y vivra et épousera un descendant d’une imposante lignée de chasseurs massaï. Ils élèveront Alice qui dans son vieil âge fera éditer le journal de sa grand-Mère.
C’est une histoire captivante et, comme dans le précédent volume, les illustrations sont superbes. Quel plaisir de renouer avec l’exploration de pays improbables et si réels, toutefois. Les cartes postales anciennes en page de garde font réellement rêver.
Un cadeau magnifique à recommander pour tous à partir de 11 ans
Posté le 11.12.2007 par parolimage
Mais quittons l’univers des chats et transportons-nous dans un univers tout autre, celui du Japon. Le titre de l’album est : "Dame Seï Shônagon et le samouraï", écrit par Françoise Kerisel, illustré par Sacha Poliakova et édité au Seuil.
L’histoire est inspirée d’un texte merveilleux, écrit par une dame de cour japonaise en l’an mille. Ses “notes de chevets” sont parvenues jusqu’à nous et Françoise Kérisel s’en est inspirée pour nous offrir un album d’une grande élégance.
Un samouraï on le sait aime faire la guerre et Minamoto Tsunefusa faisait trembler les ennemis de sa majesté impériale, mais aussi tout le palais de l’impératrice Sadoko.
Cependant, au fond de son coeur Tsunefusa cachait une grand désir, celui d’écrire de la poésie. Mais tant ses doigts étaient agiles à manier le sabre, pour écrire c’était une toute autre affaire. Ses doigts, tout simplement, ne lui obéissaient pas.
Après avoir dérobé le cahier de poèmes de Dame Seï Shônagon, le samouraï quitta le palais. Il se désintéressa, alors de sa collection d’armes pour se mettre en quête d’un autre “attirail” : une collection de pinceaux les plus fins, les plus beaux, les plus soyeux. Il fut longtemps absent, car vous l’aurez compris, il mit beaucoup de temps à apprendre à écrire.
Dame Seï Shônagon, de son côté, se languissait Un jour, elle traversa Les quatorze portes du palais et se retrouva à l’air libre. Longtemps après, elle reçut une lettre dont la signature se terminait par : “Minamoto Tsunefusa qui dépose à vos pieds toutes ses armes”.
Histoire d’amour ? Rencontre entre deux être que tout oppose, quelque chose qui tiendrait de la Belle et la Bête ? C’est superbement écrit, avec finesse et poésie. Quant aux illustrations à la plume, délicates et soignées, elles évoquent les estampes japonaises et utilisent de façon intéressante de grands espaces laissés en blanc de quoi laisser place à la rêverie.
Une oeuvre poétique qu'on lit avec un réel plaisir C’est très beau
A recommander à partir de 9 ans. [SIZE=7]
Posté le 09.12.2007 par parolimage
C’est toujours agréable de découvrir par hasard un livre dont on n’a jamais entendu parler. C’est le cas pour moi avec “L’école des chats” du coréen Hin Jin-Kyeong, aux éditions Picquier Jeunesse.
Le volume relativement épais comporte en réalité trois histoires.
-Le secret de la grotte de cristal
-Le cadeau magique
-La prophétie se réalise
Le chat adoré de Minjun, Brin-d’Osier a disparu. Il avait quinze ans, un âge avancé pour un chat. Ne reste au foyer que Mori, un chat insolent et bagarreur.
Mais, voilà qu’un jour, arrive une lettre pour Mori. La signature ? Une patte de chat ! Et celui qui écrit n’est autre que Brin-d’Osier. Imaginez la surprise de Minjun et de sa sœur Nayeong.
Et le chat de raconter que lorsque les chats deviennent vieux, ils quittent les humains pour se rendre à L’école des chats. C’est là qu’ils apprennent à écrire et bien d’autres choses , comme la magie. Et c’est là qu’il partage sa vie avec ses amis Mot-d’Amour et Mandragore.
Seulement à L’école des chats, il faut parfois éviter certains lieux : la Grotte de cristal, par exemple. Et malgré l’interdit, les trois amis vont pénétrer dans la grotte d’où il perçoivent des gémissement à vous glacer le sang. C’est le début d’une aventure pleine de rebondissements.
Une écriture alerte, un récit plein d’humour. Une histoire fantastique dans un monde de chats, reflet des humains, et si joliment narrée
Les dessins, dans un camaïeux de gris, sont d’une précision et d’une beauté qui saisissent le regard. Quel plaisir !
Il y a une suite à ce volume de facture très agréable : “Les défenseurs de l’épée du soleil”.
Pour tous les amoureux des chats et pour le autres, à partir de 9 ans.
Posté le 06.12.2007 par parolimage
Et puis, voici un autre très bel album : Le phare des sirènes de Rascal, illustré par Régis Lejonc aux éditions Didier Jeunesse.
Tout commence par un vaste paysage : nous plongeons le regard sur l’immense océan. Sur la droite, un goéland, vole vers un phare.
On tourne la page et nous nous trouvons à l’intérieur du phare. Un homme écrit. Son nom est Ange. Il se raconte.
Dans une pauvre cabane, face à l’océan, il vécut une enfance heureuse auprès d’un oncle pêcheur de harengs. Un jour, celui-ci est pris par la mer. L’enfant reste seul. Un jour, au bout de sa longue vue, il aperçut une forme échouée entre des rochers. Elle était vivante car une petite main délicate frémissait C’était un sirène.
Ange soigna Swidja. Une nuit, il furent gagnés par l’amour. Mais, pour la petite sirène, l’appel de l’océan fut plus fort. Pourtant, chaque jour, Ange et Swidja se retrouvaient au creux des vagues.
Pourtant, un jour, la guerre fut déclarée. Ange partit pour le front et fut blessé et défiguré. Une gueule cassée, disait-on. A son retour, il accepta le poste de gardien du phare. Il ne revit jamais Swidja.
Un beau conte moderne plein de nostalgie. Les illustrations de Régis Lejonc évoquent magnifiquement cette belle histoire entre bonheur et malheur, à travers des planches qui jouent avec force du trait, de la couleur et de la lumière.
Magistral.
A mettre entre toutes les mains à partir de 11 ans.
Posté le 05.12.2007 par parolimage
Le Golem, Isaac Bashevis Singer, traduit de l’anglais par Marie Pierre Bay, Seuil, .
Le Golem, dans la tradition judéo-kabbalistique représente une figure humaine pétrie dans de l’argile et qui peut atteindre une taille gigantesque. Sa grande force, peut souvent engendrer des catastrophes.
Nous sommes à Prague au XVI ème siècle et la vie des juifs y est difficle. Accusations, persécutions sont trop souvent leur triste sort. Accusé à tort d’un crime rituel, Reb Eliezer sera sauvé par Rabbi Leib. Une nuit, celui-ci pétrit de l’argile et donne vie au Golem qui sera accusé du crime à la place du prévenu. En réalité l’affaire n’est qu’une vaste machination car la petite Hanka est bien vivante et elle sait, elle, qui l’a cachée dans une cave.
Au sein de la ville de Prague, le terrible destin, du Golem qui symbolise aussi celui du ghetto, provoque compassion et pitié. Car notre créature, qui peu à peu se met à parler, à rire et à pleurer, se charge d’humanité au point de tomber amoureux.
Isaac Bashevis Singer nous offre une œuvre pétrie d’humour et de poésie dont le charme réside dans la figure même de ce gros bon géant, humain et pathétique, qui véhicule cette part d’enfance, cachée en chacun d’entre nous. La langue savoureuse d’Isaac Bashevis Singer s’exerce admirablement dans ce conte fantastique dont la singularité exprime avec bonheur un vieux conte yiddish.
A recommander à partir de 13 ans
Posté le 04.12.2007 par parolimage
Quelle heureuse surprise avec ces “Créatures insolites et stupéfiantes rencontrées au cours d’un long voyage par Mr Georges Nielson”, d'Armel Gaulme en compagnie de Cécile Adam et édité par "Le baron perché". Un titre qui fait référence aux récits de voyages. Et c’est effectivement ce qui nous est proposé ici.
Un avertissement, en prologue, daté du 21 août 2006, nous indique que le récit qui va suivre est la narration véridique d’un voyage extraordinaire.
Tout commence dans un lieu qui par lui-même ouvre à l’imaginaire : l’Institut des Sciences Naturelles de Paris. Fermé depuis quelques années. C’est la soirée d’inauguration. Georges est chargé d’un reportage photographique. Près d’une fenêtre, une femme en “rose préraphaélique” attire son regard. Il s’en approche, Mais seule, ne reste que la trace d’une main laissée sur la vitre, et soudain, Georges pénètre dans un autre monde.
Débute, alors, un voyage, peuplé de créatures animales inconnues, étranges et inquiétantes, souvent dotées d’un attribut humain.
Afin de donner crédibilité à son errance, le voyageur remplit des carnets de croquis naturalistes, à l’encre ou au fusain, teintés d’aquarelles.
Et l’on traverse ces mondes dans un défilement du temps qui nous fait passer de l’hiver à l’été.
Cette traversée, fut-elle rêve ou réalité ? Qui pourrait l’affirmer ? Pourtant, une autre que lui, cette Anne aperçue, huit mois auparavant dans le salon de l’Institut, rapporte, à son tour, comme en écho du voyage, des croquis évoquant dans un flamboiement de couleurs les créatures insolites et stupéfiantes d’un même voyage.
Une exploration insolite absolument envoûtante
Un ouvrage magnifique à s’offrir ou à offrir
A recommander pour tous à partir de 13 ans.
Posté le 03.12.2007 par parolimage
Aujourd’hui, nous commencerons par un bel album, paru aux “Éditions Réunion des Musées Nationaux”. Le titre en est “Tam-Tam couleurs ” de Caroline Desoëlles et d’Isabelle Hartman.
Si dans la morosité qui nous submerge parfois nous fait désespérer de l’humanité, ici, nous avons affaire à un livre très stimulant : d’abord par le voyage qui nous est proposé, ensuite par une mise en images lumineuse.
De quoi s’agit-il ? Fatou s’ennuie de son grand-père et des histoires qu'il aimait lui conter. Elle lui écrit. Alors, grand-père Moussa lui raconte son long périple à travers l’Afrique du temps de sa jeunesse jusqu’à son retour au Sénégal, le pays de son enfance.
Ainsi, du Sénégal au Mali, en passant par la Côte d’ivoire, le Nigeria, le Bénin, le Congo, le Zambie et l’Afrique du sud nous suivons les pas de Moussa..
Au cours du périple de Moussa, nous découvrons une Afrique multiple, vivante, loin du cliché d’une Afrique mono-couleur, mono-saveur, mono-art. La vie quotidienne et sa diversité, à travers l’immense continent, y est décrite avec l’évidence des lieux traversés
Et nous participons à ce voyage, non seulement par le texte d’une belle simplicité, mais par les images qui nous sont données à voir : sur la page de gauche des tableaux lumineux réhaussés de dessins de photos qui font face sur la page de droite à des objets artisanaux : djembe, batik, masque, bronze, tissu, statue, vêtements. Toute chose que nous pouvons admirer au Musée des arts premiers, quai Branly à Paris.
C’est un de ces albums dont la douceur et la beauté nous réconcilie avec le monde.
Un beau cadeau à recommander à partir de 8 ans.
Posté le 28.11.2007 par parolimage
Voici “Le Vian” édité chez Mango et illustré par Baldo, dans la collection "Dada, Il suffit de passer le pont".
C’est en passant dans les rayonnages de la médiathèque que j’ai ouvert le livre. La collection de poésie dans l’édition est tout à fait remarquable par son format (grand album presque carré), par le soin apporté à l’illustration et par le souci de faire connaître à un large public, à commencer par les jeunes le patrimoine poétique.
Ici, c’est Vian à travers dix-neuf de ses poèmes. La plupart très connus, mis en musique et toujours chantés. Car les poèmes-chansons de Vian sont indémodables. Comment se l’expliquer sinon par leur insolence pleine de fraîcheur ? Pour leur grande humanité aussi, toute de retenue et souvent joyeuse.
Touche-à-tout, surtout à travers l’écriture et la musique, Boris Vian nous entraîne avec lui dans une vision du monde amusée, pleine d’humour avec parfos une pointe de désolation, une alchimie qui rend son oeuvre si attachante.
Les illustrations à la plume de Baldo mettent en scène l’univers du poète avec la même fantaisie et évoque avec beaucoup d’humour le goût de Vian pour le cinéma, pour les “mahineries”, les objets, les voitures américaines, la musique et la fête.
C’est une relecture très agréable où on ne manquera pas de fredonner le texte. C’est l’occasion, aussi, de faire entendre la voix de Vian, gravée sur nos CD et qui ne laisse pas indifférent, jeunes et moins jeunes..
Un plaisir à partager à partir de 13 ans