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parolimage
Description du blog :
Analyse critique de la littérature jeunesse
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
17.04.2006
Dernière mise à jour :
03.07.2008
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A la guerre comme à la guerre

Posté le 24.11.2007 par parolimage
Nous abordons un tout autre registre avec “A la guerre comme à la guerre, dessins et souvenirs d'enfance” de Tomi Ungerer édité chez Ecole des loisirs, collection Médium.

Il s’agit ici d’un récit autobiographique conjuguant écrits et documents divers, à savoir : photos, publicités, extrait d’un cahier intime et dessins, car vous ne l’ignorez pas, Ungerer est un grand dessinateur , et ce., depuis sa tendre enfance.

Alors Ungerer raconte la guerre, la guerre de 1939, vue par ses yeux d’enfant, un regard naïf et lucide tout à la fois.

Tout y est décrit avec un naturel enjoué. Et le caractère bien trempé du jeune Tomi sa forte personnalité, ses amours et ses révoltes donnent au récit une intensité pleine de subtilité. Vivant , fourmillant de détails narratifs et iconographiques vrais, c’est un document d’une grande richesse qui décrit la vie quotidienne en Alsace occupée pendant les années d’enfance de l’enfant gâté qu’était Tomi. Et c’est cette situation d’une enfance protégée et de sa confrontation à la dureté du réel qui donne au récit son intérêt si particulier.

Et on se laisse aller à la lecture d’un texte d’une grande authenticité et d’une grande fraîcheur.

Et puis, l’univers d’Ungerer est là, entièrement là : son humour, son insolence, ses dessins, son amour des objets insolites, son univers plein d’audace et de fantaisie, sa cruauté parfois, sa haine de l’injustice et de la guerre.

Un livre à mettre entre toutes les mains à partir de 12 ans













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Un ange gardien avec des lunettes noires

Posté le 21.11.2007 par parolimage
Un ange gardien avec des lunettes noires, Silvana Gandolfi, Médium, Ecole des loisirs

Silvana Gandolfi écrit avec un plaisir tellement convainquant qu’elle nous entraîne dans les détours inventifs et si bien écrits de son imaginaire.

Ici, une vieille femme, Leonora Chantdamour ne rêve que d’une chose : écrire, avant de mourir, son dernier roman mais qui devra aussi être son plus beau.

Un jour, elle remarque à la devanture d’un magasin d’antiquités, la statue d’un ange. Rentrée chez elle reproduit de mémoire la sculpture. Et voilà qu’une nuit, un “ange voyou” pénètre dans son appartement pour lui dérober une bague d’une grande valeur qu’elle porte à son doigt. Seulement, du haut du vasistas par lequel il devait pénétrer jusque chez la vieille femme, le chenapan tombe sur la sculpture qui se brise dans un beau vacarme. Notre intrus, sans se démonter, prend la position de l’ange. A sa vue, Leonora voit le miracle s’accomplir : l’ange a pris vie.

Seulement l’ange en question est un peu particulier : cheveux longs, lunettes noires, jeans déchirés. Et surtout il veut fuir au Brésil. Plus tard on apprendra pourquoi.

Un récit en deux parties, l’une fantastique, l’autre réaliste et deux personnages que tout oppose mais qui sont liés par un même destin. La double image de Leonora, vieille femme divaguant dans sa douce folie et de Paulo tout vibrant de jeunesse est magnifiquement traitée.

Et puis, il y a Cancan et Cravate, deux malfrats exploiteurs d’enfants qui sont là, prêts à tout.

Vous avez compris deux choses : que j’adore Silvana Gandolfi et que ce roman aroque est un petit festival littéraire à lui tout seul. C’est aussi un hymne à la vie.

A recommander pour tous à partir de 11 ans



La fille du pays des neiges

Posté le 20.11.2007 par parolimage
"La fille du pays des neiges" de He Zhihong, édition Le Sorbier

La fille du pays des neige” est une petite fille qui vit en Chine. Ses parents sont pauvres et ne peuvent l’envoyer à l’école. Ou bien, ils le pourraient, mais Fang est une fille, alors est-ce bien nécessaire ?

Cependant, l’enfant se rend chaque jour à l’école. Là, près de la fenêtre, elle écoute, elle observe, elle trace des idéogrammes sur la glace. Un jour, la maîtresse pose une question à la classe. Personne ne sait répondre. Alors, Fang, à travers la fenêtre, d’une toute petite voix donne la bonne réponse . La maîtresse est toute surprise par l’intelligence de l’enfant. Elle se rend auprès des parents mais la mère reste inflexible, car elle a besoin de l’enfant pour l’aider aux travaux. Un peu plus tard, le père se laisse fléchir et Fang promet à sa mère d’assurer les travaux, comme par le passé. Et c’est ce qu’elle fit, tôt le matin et tard, le soir.

Finalement, Fang devint ingénieur en aéronautique.

C’est l’histoire d’une enfance, celle de la mère de l’écrivain. Racontée avec une étrange simplicité, elle tient à la fois du réel et du merveilleux. Ce sont les illustrations composées de peintures sur soie et réalisées par la fille de Fang qui ajoutent une touche sensible à ce récit : travaux domestiques, scènes de la vie rurale, paysage enneigés, focalisation sur les visages, les tableaux délicats défilent au tournant des pages


Un album tout de délicatesse et de retenue pour aborder le statut des filles de par le monde. Sans doute, aussi, il aidera le jeune lecteur à percevoir que l’école est un lieu où l’on peut grandir et s’affirmer.

Cet ouvrage, soutenu par Amnesty international , est à rerecommander à partir de 7 ans

L'arbre des capulies

Posté le 08.11.2007 par parolimage
Excellente initiative qe cette réédition de “L’arbre des capulies” d’Ester Rota Gasperoni, cette fois aux éditions “Actes Sud”.
Nous sommes en Italie, à la fin de la seconde guerre mondiale. Lorsque les parents d’Eva retrouvent leur maison dévastée, le coeur n’y est plus. Ils acceptent de rejoindre l’oncle Sandro en Amérique latine, d’abord à Buenos Aires, en Argentine, puis à Quito en Equateur.

L’arrivée sur le continent est source de plaisir, d’étonnement mais aussi de révolte. Car l’égoïsme de ce petit monde de nantis, celle e sa famille, qui vit en vase clos est totalement opposée à l’éducation reçue par Eva dans son enfance. Ce qui la choque, surtout, c’est le regard porté sur les “indios”, petit peuple de domestiques, sans visage et sans voix. Elle constate amèrement : “Tante Luz achète elle-même toute la nourriture car, explique-t-elle à maman, les domestiques sont complètement incompétents et puis, ils ne savent pas lire. Et finalement, inutile de les soumettre à la tentation en leur laissant de l’argent entre les mains, n’est-ce pas ?...”.

Eva, enfant rebelle, porte un regard sans concession sur cette communauté huppée, accrochée à ses privilèges. Son attirance pour le jeune indien Atahualp n’a hélas aucun avenir, la frontière entre les deux communautés étant infranchissable.

Ce beau texte est l’histoire d’une maturation, celle d’Eva qui tout au long du roman affirme sa personnalité, son indépendance, ses révoltes. L’image des baies sauvages du capulie parcourt le récit comme le symbole de vie, de mort, de partage et d’amour.
Une petite critique : la première de couverture ne semble pas destinée à un public adolescent.Dommage.
Ce récit à l’écriture si plein de vie donne au texte toute son authenticité. Un récit devenu un classique de la littérature jeunesse.

A recommander pour tous dès 12 ans

L'heureux gagnant

Posté le 04.11.2007 par parolimage
"L’heureux gagnant", Hubert Ben Kemoun, Flammarion, Castor Poche senior

En fouillant dans les rayonnages de ma bibliothèque, je suis tombée sur ce petit livre que j’avais tant aimé. Je vous en livre la tonalité.

Vous êtes tranquillement chez vous. Vous vous êtes juste levé pour prendre un verre d’eau. Il est trois heures du matin. On frappe à votre porte. Un nabot se présente, nerveux, bavard, obséquieux et vous annonce : « Je suis venu au sujet de votre mort, monsieur. De votre décès ! Il est prévu pour dans trois jours » Que penseriez-vous ? Qu’il s’agit d’une mauvaise plaisanterie ? Que vous avez affaire à un fou ? C’est ce que pense Trumel au sujet de cet étrange visiteur venu frapper à sa porte en pleine nuit. Évidemment, il veut s’en débarrasser mais le nabot insiste : le tirage au sort qui a élu Trumel lui laisse le choix de sa mort, et ô largesse, la possibilité d’assouvir tous ses désirs pour le temps qui lui reste à vivre. Il n’a qu’à parler. Que faire quand votre seul désir est de vivre? Fuir, fuir et encore fuir! Mais pour Trumel qui refuse le Pacte, il n’est pas facile de lutter contre l’envoyé du Diable, car nous savons tous que ce dernier a plus d’un tour dans son sac.

Hubert Ben Kemoun signe là un petit livre qui renouvelle avec bonheur le mythe de la Tentation et de l’éternelle question de la Vie et de la Mort. Une méditation sur le poids donné à l’existence pleine d’ humour et de légèreté. Un petit plaisir de lecture que tout lecteur, bon ou mauvais, ne se refusera pas.

A recommander à partir de 12 ans, sans oublier les adultes qui prendront un véritable plaisir à livre ce livre “frontière”.



















Lundi matin

Posté le 04.11.2007 par parolimage



Qui n’a jamais fredonné, chanté, hurlé et marché sur la fameuse comptine : “Lundi matin, l’Empereur , sa femme et le petit prince sont venus chez moi pour me serrer la pince. Comme j’étais parti, le petit prince a dit : puisque c’est comme ça je reviendrai mardi”.

Ici, l’album illustré par Uri Shulevitz et édité aux éditions "Autrement", est une petite merveille. Au départ un pauvre enfant solitaire attend un peu de joie. En mêlant réalisme et fantastique, l’illustrateur sait donner une épaisseur à la comptine. Exubérantes et drolatiques, les illustrations donnent à cette histoire en randonnée une tonalité à la fois espiègle et pleine d’humanité. Quant à la marche finale carnavalesque à souhait, elle est carrément réjouissante.

Le CD qui accompagne l’album est dit avec simplicité et laisse place à la partie instrumentale, écho plein de saveur à la voix de la conteuse.

Quelle réussite !

A mettre entre toutes les mains à partir de 3 ans

Des baisers pour plus tard

Posté le 26.10.2007 par parolimage
Et puis, il y a ce livre :" Des baisers pour plus tard” de Rose Lagercrantz aux éditions De la Martinière dans la collection “Confessions”

L’histoire commence comme un conte ;
“Il était une fois, dans la ville dorée de Prague, une petite fille qui ne voulait embrasser personne.”

La narratrice qui commence le livre est la fille d’un certain Georges que tout le monde appelait Orge. Il a presque cent ans à présent. Et c’est lorsqu’il eut quatre-vingt dix ans qu’il confia à sa fille l’histoire de sa vie contenue dans vingt-sept cassettes de quatre-vingt-dix minutes chacune. La fille en fit ce roman.

Orge avait un défaut, il était bagarreur. Il avait aussi un sens de la justice et aimait la vie et les hommes en général.

L’époque n’est guère réjouissante. C’était juste avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Et Orge vivait en Allemagne, ce qui était dangereux pour une famille juive comme la sienne. Bagarreur comme il l’était, distribuant des écrits subversifs, il est rapidement jeté en prison; Sa gaieté naturelle, sa force physique et son pragmatisme le sauvent de bien des situations. Il doit quitter l’Allemagne et fuit à Prague.

Un jour, il y rencontre Annie, cette jeune femme, vous vous souvenez, qui lorsqu’elle était petite ne voulait pas de baisers, des baisers qui à lui seul étaient destinés

C’est le bonheur, mais la séparation est inéluctable. Orge doit fuir. Il fuit en Pologne, puis en Suède grâce à un faux passeport qu’Annie lui fait parvenir. Ils ne se reverront plus. Annie, restée près de sa vieille mère connaîtra le triste sort des camp d’où elle ne reviendra pas.

Quant à Orge combien de temps a-t-il attendu ? Il rencontra plus tard la mère de la narratrice.
Une lecture aérée pour un texte dense. Un personnage simple et pourtant hors du commun. La présence bienfaitrice d’Annie accompagne Orge dans la vie, sorte d’Ange gardien sacrificiel. Le récit nous fait traverser la période sombre de la guerre et de la shoa avec une émotion très maîtrisée.

Un roman remarquable par son style et par la vie qui y palpite malgré l’adversité. Une réflexion aussi sur le hasard des choses qui adviennent. Pourquoi Annie a-t-elle succombé ? Pourquoi Orge a-t-il échappé à la fureur des hommes ? Sans doute, pour qu’une telle histoire puisse être racontée. C’est très beau.

A recommander à partir de 13 ans

Venise n'est pas très loin

Posté le 26.10.2007 par parolimage


Christian Bruel a dit un jour que "Venise n’est pas très loin” est avec “Jéréme au bord de la mer” son livre préféré. J’y ajouterai : “L'Hôtel de l’ogre”.

Saluons, en tout cas, la réédition aux éditions “Etre” de "Venise n’est pas très loin" dans une nouvelle maquette très réussie.

Un lire dont le charme et la subtilité vous happe, dès les premiers mots, dès les premières images.

Une mère et sa fille sont à Venise. Escapade à deux. La mère et la fille. Une femme et une presque femme.

Et l’on assiste avec émotion à leur déambulation complice à travers Venise et sa théâtralité. Parfois l’adolescente s’échappe. Échappe au rapport fusionnel mère-fille, au risque de se brûler les ailes.

Et puis on parcourt Venise, ses palais, ses masques et ses canaux. Photos, dessins, peintures, petits indices pour une errance qui se charge d’émotions au fil des rencontres, avec cette ville qui palpite, qui tour à tour se cache et se dévoile.

Le texte est plein de grâce dans l’évidence de ce qui se dit. On s’y laisse glisser comme on glisse sur le canal, comme on se perd dans les ruelles sombres, comme on apparaît par surprise dans la lumière des placettes vieillies.


On a parlé d’un livre difficile. Il faut s’y laisser prendre. Totalement envoûtant.

A recommander à partir de 11 ans


















Le rêve de Si-Yan

Posté le 22.10.2007 par parolimage
Avec le rêve de Si-Yan de Sally Grindley, édité chez Castor Poche, dans le collection “Histoires d’ailleurs”, nous changeons totalement de registre.

Nous sommes en Chine. La famille de Si-Yan est une famille de paysan. La vie y est modeste, mais la famille est heureuse, unie.

Malheureusement, le père meurt et il devient de plus en plus difficile pour la mère et Si-Yan de subvenir aux besoins de la famille.

Si-Yan a onze ans et est brutalement séparée de sa mère et de son jeune frère Son oncle l’emmène en ville pour être vendue.

Nous assistons, alors au triste voyage de l’enfant, jusqu’à sa vente à une famille bourgeoise où elle est destinée, par la suite, à épouser l’enfant de la famille, handicapé mental.

Un jour, Si-Yan se sauvera de cet enfer doré et se retrouvera à travailler dans une usine de jouets. L’exploitation des enfants y est dure, mais elle rencontre l’amitié, le plaisir d’être libre le dimanche et de s’amuser en ville.



Ce qui la guide dans le travail c’est de revoir sa mère et son jardin.

C’est sur un lit d’hôpital, exténuée, qu’elle entend la voix de son oncle lui annoncer la mort de sa mère, inconsolable après son départ.

Si-yan retrouvera sa maison et avec son jeune frère le chemin de l’école qu’elle avait dû quitter à la mort de son père;

C’est un très beau récit, plein de tact. Tout y est dit avec un réalisme sans outrance. La figure de la jeune fille , son intériorité et sa forte personnalité nous la rendent très proche.

C’est aussi une fiction documentaire qui décrit bien la grande mutation de la Chine actuelle.
Très beau roman, d’une lecture agréable composé de courts chapitres qui en facilite l’approche.

A recommander pour tous à partir de 10 ans




Pourquoi Cur Cu Ma pose des questions

Posté le 22.10.2007 par parolimage
Si je vous dis que “Pourquoi Cur Cu Ma pose des questions” est un conte vraiment délicieux, vous pouvez me croire.

Édité chez Neuf de "L’ école des loisirs", l’auteur en est Eric Lindor Fall, disparu, hélas, prématurément.

De quoi s’agit-il ?

Dans un palis, beau comme tous les palais, une princesse, belle comme toutes les princesses ne peut avoir d’enfant. Or, il faut avoir un enfant, n’est-ce pas pour succéder au roi ?

Alors une seule solution : faire appel aux fées, ce qui n’est pas du tout du goût de la princesse. Car les fées, même quand elles vous dépannent, sont toujours faiseuses d’histoires. Les fées ayant entendu une conversation qui ne leur a pas plu décident de se venger. Et si elles acceptent de permettre à la princesse d’avoir un enfant, celle-ci sera d’une insatiable curiosité et ne cessera de poser des questions.

C’est Dame première qui sera chargée d’aller chercher l’antidote aux incessantes questions de le future petite princesses. Mais en chemin, au milieu d’une foule agitée et bruyante, Dame première fait une certaine rencontre .

Alors, quand elle retourna au palais devinez ce qui advint ? Eh oui, de l’autre côté des murs du Palais la vie est bien plus amusante même au risque d’y rencontrer un ogre troublant mais ô combien séduisant.

Tout est écrit avec légèreté et humour, avec de délicieux anachronismes. Un véritable plaisir de lecture

A recommander à partir de 9 ans
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