Posté le 12.10.2007 par parolimage
Avec “Une souris verte”, illustré par Charlotte Mollet, nous avons affaire à un album devenu un classique de la littérature jeunesse. Ici, je vous propose la version bilingue éditée chez Didier Jeunesse.
La collection “Pirouette” que Charlotte Mollet dirige puise dans le patrimoine des comptines, chères à l’enfance, et nous offre des œuvres aux illustrations très personnelles.
Ici, l’illustratrice donne une version bilingue arabo-française et nous propose un travail très élaboré de papiers découpés avec un jeu sur les transparents. Les couleurs qui se superposent. la mise en page tout surprend par la poésie qui se dégage d’une page à l’autre.
Les Lettrines inspirées de la calligraphie arabe introduisent le texte. La traduction en arabe, à l’écriture bicolorée, participe au “décor général”., le tout est plein de malice et d’invention.
Pour jeunes lecteurs des deux rives, un véritable petit régal.
A recommander partir de 2 ans.
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Posté le 12.10.2007 par parolimage
C'est un livre dont la facture est très particulière. Louise-Marie Cumont produit des livres en tissu, pièces uniques, oeuvres originales. Avec "Larmes", édité chez MéMo, elle nous propose un livre en papier.
Le sujet et l'illustration sont d'une approche singulière qui peut dérouter. Il s'agit de "camouflage". Y a-t-il des choses dont on peut difficilement parler ? Oui ! De la violence et de la guerre.
Dans le puzzle du tissu de l'armée, aux courbes changeantes, le lecteur découvre la parole de la colère et du conflit. Il discerne un doigt accusateur qui montre quoi, au juste ? Un corps, des corps meurtris, désarticulés.
Un ouvrage qui ouvre à l'intelligence et à l'émotion du lecteur. A sa tristesse aussi, à son refus.
Une oeuvre d'art qui mérite une rencontre.
A mettre entre toutes les mains à partir de 4 ans.
Posté le 06.10.2007 par parolimage
Un roman qui plaira aux garçons et aux filles. Normal, puisque le titre en est : “garçon ou fille” de Terence Blacker aux édition Gallimard, collection Scripto.
Dans une famille anglaise débarque un neveu d’Amérique qui vient de perdre sa mère lors d’un accident. Son père est en prison. Sam est son nom : longs cheveux blonds, yeux noirs. Insolent, agressif.Tout pour étonner Mathew et sa bade de copains. Mais un jour, l’arrogance et la violence de Sam met en péril lle groupe d’ amis.
Et, lorsque les bornes sont dépassées, que faire ? D’autant, que Sam n’est pas le gros dur que l’on croit. Le mettre en quarantaine ? Il y a mieux. C’est bientôt la rentrée des classes et le gage pour le réintégrer dans le groupe consiste à ce qu’il se faire passer pour une fille pendant huit jours. Lorsqu’il rentre dans le collège, il y réussit excellemment. et même avec un certain plaisir.
L’auteur joue avec plaisir sur l’inversion des rôles. Pour couronner le tout, Crash, le père sort de prison et apprend que la mère a laissé à sa mort une petite fortune. Sam l’ignore, mais le père est sur l’affaire. Seulement, il doit retrouver son fils.
Construit selon la technique du point de vue, chacun des nombreux protagonistes donnent leur propre éclairage, sur les événements qui s’enchaînent tambour battant. L’auteur nous mène de surprise en surprise et sait donner au récit sa légèreté et sa vivacité
C’est un livre qu’on emporte avec soi avec plaisir pour le voyage ou dans le train. Mais aussi chez soi, évidemment. C’est aussi un livre qui passera de main en main avec jubilation.
A recommander pour tous à partir de 12 ans.
Posté le 06.10.2007 par parolimage
Un bel album, assurément, que ce “P’titgars-p’titdoigt” conté par Alexandre Afanassiev et illustré par Etienne Beck aux éditions MeMo.
L’histoire est la suivante : un petit homme, né du doigt tranché de sa mère et qui malgré sa petite taille déjoue par son intelligence l’adversité de la vie.
Le conte se présente sous la forme d’un grand livre à la texture naturelle qui convient à l’univers de ce conte, pendant russe de Tom Pouce, et qui signifie, ici, le petit gars comme le petit doigt.
Tour à tour, il fait labourer un champ par le cheval de son père, pendant que celui-ci se repose Puis ayant rencontré trois voleurs, il pénètre dans une étable et s’empare, à leur demande, du plus beau taureau du Pope. Finalement, il rentrera vivre tranquillement auprès de ses parents.
Sur la page de gauche, le texte aux grands caractères d'une belle lisibilité. Sur la page de droite, les illustrations très colorées, empruntent aux motifs traditionnels du folklore russe. Mais, ici, rien de figé. La mise en page inventive illustre avec bonheur ce conte dont la belle traduction transcrit avec humour cette histoire cruelle et malicieuse.
Un bel album proche de l’oralité qui incite à une lecture à haute voix. Une totale réussite.
A recommander dès 4 ans.
Posté le 30.09.2007 par parolimage
J’aime beaucoup ce qu’écrit Malika Ferdjoukh, aussi, c’est un plaisir pour moi de vous présenter ce récit “à la Dickens”, édité chez Neuf de L’école des loisirs. Le titre en est "Miniut-cCnq"
Minuit-cinq, tel est le nom du héros, qui ne se souvient plus de son véritable prénom. Minuit-cinq, donc, sa sœur Bretelle et leur ami Emil, grand dresseur de petites souris, sont inséparables. Enfants des rues, ils espèrent des jours meilleurs. Mais pour quand ?
Nous sommes à Prague. Bientôt Noël et il y a comme un air de fête. Les enfants ont faim et froid.
Or, au moment où on prend connaissance avec nos jeunes héros, survient dans la bonne ville de Prague un événement des plus fâcheux : pensez donc, la princesse Danilova en sortant du théâtre, dans le fiacre qui la ramenait chez elle, s’aperçoit que son collier de perles à disparu ! Une récompense est promise. Les trois enfants sont sur le qui vive.
Dans la tradition des groupes d’enfants menant une enquête (“Emile et les détectives” d’Erich Kästner, “Les disparus de Saint-Agil” de Pierre Véry ...) nous assistons aux aventures du courageux trio. Et, alors que les enfants sont chaque jour confrontés à la misère la plus noire, leur vitalité les pousse à “survivre” et ils retrouveront, comme dans un conte, l’affection dont ils ont tant manqué.
Ce roman plein d’humour , mené tambour battant, est un régal de lecture. C’est tonique et réjouissant.
A mettre entre toutes les mains à partir de 8 ans
Posté le 30.09.2007 par parolimage
Comme on aime cet album de Kazue Takahashi, édité aux éditions Autrement. Le titre en est kuma kuma et moi.
C’est l’histoire d’un petit garçon qui rend visite à son ami l’ours. Ils boivent du thé Grizzly, ils se parlent. Le petit garçon lit tous les titres de la bibliothèque pendant que son ami prépare le saumon. Ils regardent ensemble la télévision. Ils mangent des gâteaux. Puis, on se dit au revoir, tout heureux à l’idée de se revoir.
La gentillesse du partage des petits riens de la vie quotidienne est tellement attendrissante. Et la dominante blanche des pages participe à cette sensation de quiétude et d’harmonie. La silhouette ouatée du petit ours est un ravissement et l’ensemble d’une délicatesse qui vous subjugue.
C’est renversant de simplicité et de profondeur.
A recommander à partir de 3 ans
Posté le 19.09.2007 par parolimage
Nous proposons, à présent, un récit qui s’adresse à beaucoup plus grand puisque Aurélien Malte de Jean-François Chabas, édité chez Hachette Jeunesse s’adresse aux adolescent.
Aurélien Malte purge une peine de prison pour homicide volontaire -chose qui aurait dû être prouvé-. Condamnation 14 ans. Il lui reste un an de détention avant d’être libéré.
Anne, visiteuse de prison est son seul lien avec l’extérieur. Mais c’est bien plus que ça : Aurélien est tombé amoureux de cette jeune artiste peintre, pleine de douceur et de retenue. Et son quotidien est ensoleillé par la présence de cette jeune femme et de ce qu’elle lui révèle de beauté.
Il lui écrit des lettres qu’il ne lui envoie pas. Et c’est cette correspondance qui nous livrée ici. Comme toujours, Jean-François Chabas a une capacité étonnante à pénétrer ce qui fonde la singularité de ses héros.
Nous suivons la correspondance qui est aussi une confession avec beaucoup d’intérêt et d’émotion.
A travers les lettres, Aurélien Malte dévoile peu à peu comment la perte du Grand-père, la violence d’un beau-père, les humiliations et la révolte le conduisent à l’irréparable.
Anne l’attendra à sa sortie de prison. Lira-t-elle un jour les lettres qui lui étaient destinées ?
C'est une récit d'une grande intensité à l'écriture remarquable. On reste longtemps sous le coup de l'émotion, une fois le livre refermé.
A recommander pour tous à partir de 13 ans
Posté le 19.09.2007 par parolimage
C'est un album de Grégoire Solotareff, illustré par Nadja, édité à L’école des , la collection Lutin poche.
On connaît la connivence du frère et de la sœur pour créer des univers de contes chargés d’humanité. Celui-ci n’est peut-être pas le plus abouti mais il plaira au jeune lecteur par la douceur et le charme sui s’en dégage.
Lecture :
C’est une histoire d’amour et de retrouvailles, servie par les gouaches généreuses de Nadja. Jouant du clair-obscur l’illustratrice charge la forêt de tous ses mystères. Et c'st toujours un plaisir renouvelé de se promener dans les jeux de lumièr de la forêt profonde
La dernière double page s’ouvre sur des couples de lutins dansant sous un rayon de lune, au son du violon de Samsa, Violette à ses côtés.
C’est tendre et et délicat.
A recommander à partir de 4 ans.
Posté le 16.09.2007 par parolimage
Une lecture pour les adolescents, paru chez Thierry Magnier de Brigitte Aubert et qui a pour titre : "Scènes de crime"
Ici l’auteure nous présente de courtes nouvelles à vous glacer le sang. Il ne s’agit pas de ces récits fabriqués uniquement pour faire peur. Nous avons affaire à “onze histoires à cent à l’heure qui, par le polar, le thriller, l’action, l’humour noir, le suspens et même le fantastique, dressent le portrait grinçant d’hommes de femmes et d’adolescents à la merci d’un monde moderne qui part en roues libres” C’est la quatrième de couverture qui le dit. Et cette fois c’est avec raison.
Ce livre soigné, au format carré, s'ouvre sur des histoires qui vous prennent par surprise et qui font une description acide du monde contemporain. L'humour est là pour tempérer la noirceur du tableau. Et finalement nous savourons ces petits récits avec une certaine jubilation.
A recommander pour tous à partir de 13 ans
Posté le 14.09.2007 par parolimage
Voici, un alphabet qui joue sur les pérégrinations d’un petit oiseau perdu et qui retrouvera une famille , grâce à son voyage à travers les 26 lettres de l’alphabet.
Le titre en est : "L’oisillon né sans nom", d’Elisabeth Brami et illustré par Lionel Le Néouanic, aux éditions Panama.
un très grand livre qui peut donc être lu et montré de loin. Mais aussi de près, il va sans dire. Ce format spectaculaire ne peut que vous inciter à l’ouvrir
Tout un jeu sur les sonorités, mais loin du bêtisier qui a ennuyé des générations d’apprentis lecteurs.
Ici, le jeu sur les sons, le choix des mots, l’humour, tout concourt au plaisir d’entendre une manière loufoque de conter l’histoire. Il faut ajouter que le parcours du petit oisillon n’est pas des plus aisé car celui-ci est mal accueilli au pays des lettres.
Les illustrations de Le Néouanic s’installent avec bonheur dans une mise en page très réussie, débordant le texte, sans toutefois l’écraser. La rencontre de personnages sous forme animalière nous mène de surprise en surprise pour notre plus grand plaisir.
Et c’est seulement au bout du voyage que la lettre Z vient en aide à l’oiseau
A lire à haute voix pour la musique des mots. Délicieux.
A recommander dès 5 ans