Album
Posté le 12.10.2007 par parolimage
C'est un livre dont la facture est très particulière. Louise-Marie Cumont produit des livres en tissu, pièces uniques, oeuvres originales. Avec "Larmes", édité chez MéMo, elle nous propose un livre en papier.
Le sujet et l'illustration sont d'une approche singulière qui peut dérouter. Il s'agit de "camouflage". Y a-t-il des choses dont on peut difficilement parler ? Oui ! De la violence et de la guerre.
Dans le puzzle du tissu de l'armée, aux courbes changeantes, le lecteur découvre la parole de la colère et du conflit. Il discerne un doigt accusateur qui montre quoi, au juste ? Un corps, des corps meurtris, désarticulés.
Un ouvrage qui ouvre à l'intelligence et à l'émotion du lecteur. A sa tristesse aussi, à son refus.
Une oeuvre d'art qui mérite une rencontre.
A mettre entre toutes les mains à partir de 4 ans.
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Posté le 29.01.2008 par parolimage
J'ignore si les images de la ferme parlent encore aux enfants des villes. Pourtant la réédition de l’album de Ken Brown “Le chapeau de l’épouvantail” aux éditions Gallimard jeunesse, dans la collection Folio Benjamin, devait réjouir nombre de jeunes lecteurs.
D’abord la structure en randonnée du récit, joliment rythmé est réjouissante. Imaginez qu’un épouvantail soit coiffé d’un vieux chapeau de paille mais qu’il préfèrerait posséder une canne. Le blaireau, lui, a une canne mais préfèrerait un ruban. Le choucas, quant à lui, possède un ruban mais préfèrerait un peu de laine. Et ainsi de suite.
La poule ira de l’un à l’autre des animaux et se retrouvera, finalement, devant l’épouvantail avec la canne désirée. Ce dernier offre à la poule son vieux chapeau. Avec quelques brindilles en fera un nid douillet.
L’illustration réaliste de Ken Brown, au dessin précis et délicat, mettent en scène les animaux dans leur environnement avec beaucoup de bonheur.
C’est rassurant, c’est coloré, c’est d’une grande gentillesse. Un album vraiment agréable que les enfants aimeront lire ou se faire raconter.
A recommander à partir de 4 ans
Posté le 08.08.2006 par parolimage
L’album qui suit, « Le Prince de la rue » de Dominique Mwankumi est édité à L’école des loisirs, dans la collection Archimède.
Cet album qui met en scène deux enfants, illustre une des facettes de la société congolaise. Ces enfants, pour survivre, fabriquent et vendent des jouets à partir de morceaux de fer récupérés dans la décharge. Mais la loi de la rue à Kinshasa est dure pour les deux enfants…
La fin de l’histoire, laisse, malgré tout une lueur d’espoir et les merveilleuses aquarelles de Mwankuma, douces et lumineuses, atténuent la dureté de la situation.
C'est un album qui traduit la dure réalité des enfants des rues mais qui traduit également l'énergie des êtres humains à transcender le malheur dans les menus gestes de solidarité et dans la part d'imaginaire qui permet de survivre, malgré tout.
A recommander dès 5 ans
Posté le 04.11.2007 par parolimage
Qui n’a jamais fredonné, chanté, hurlé et marché sur la fameuse comptine : “Lundi matin, l’Empereur , sa femme et le petit prince sont venus chez moi pour me serrer la pince. Comme j’étais parti, le petit prince a dit : puisque c’est comme ça je reviendrai mardi”.
Ici, l’album illustré par Uri Shulevitz et édité aux éditions "Autrement", est une petite merveille. Au départ un pauvre enfant solitaire attend un peu de joie. En mêlant réalisme et fantastique, l’illustrateur sait donner une épaisseur à la comptine. Exubérantes et drolatiques, les illustrations donnent à cette histoire en randonnée une tonalité à la fois espiègle et pleine d’humanité. Quant à la marche finale carnavalesque à souhait, elle est carrément réjouissante.
Le CD qui accompagne l’album est dit avec simplicité et laisse place à la partie instrumentale, écho plein de saveur à la voix de la conteuse.
Quelle réussite !
A mettre entre toutes les mains à partir de 3 ans
Posté le 14.01.2008 par parolimage
Quel plaisir de vous présenter ce très bel album des éditions Sarbacane, de Davide Cali et illustré par Serge Bloch. Le titre en est “Moi, j’attends...”
C’est un album au format très allongé qui s’étire donc comme le temps. La couverture représente une enveloppe et, dans la fenêtre de l’enveloppe on peut voir un jeune garçon qui porte autour du cou un ruban de laine rouge.
Et puis, on voit le même enfant étirer le fil tout le long de la double page suivante où il dit : J’attends de grandir
On passe ainsi de page en page, de double page en double page pour parler des attentes quand le temps s’écoule de son pas irréversible.
C’est ainsi que nous suivons le fil de la vie qui se déroule devant nous par l’intermédiaire d’un texte sobre et d’un trait si juste qui forcent l’émotion. Si peu de mots pour dire tant de choses. et l’on se prend à tenir ce fil qui nous fait traverser une vie qui sera le futur de l’enfant et qui fut peut être la notre, ou celle d’un voisin.
Le dessin minimaliste laisse place à de grands espaces blancs qui laissent place à sa propre réflexion.
C’est un livre superbe, doux et profond.
A recommander pour tous à partir de 5 ans
Posté le 26.06.2006 par parolimage
J’ai entre les mains un album qui ne manquera pas de séduire les uns et interpeler les autres. Il s'agit de « Monstre malades » d’Emmanuelle Houdard pour le texte et pour les illustrations, édité chez Thierry Magnier.
Nos petits monstres sont parfois malades, vous en convenez ? Mais curieusement les grands monstres, diables et autres créatures terrifiantes, sont parfois atteints des mêmes maladies et c’est grave aussi, très grave car leurs réactions sont à la hauteur de leur monstruosité.
Ainsi, Emmanuelle Houdard décline-t-elle les grands maux de nos grands monstres. : maladie du sommeil, indigestion, angine, somnambulisme, extinction de voix, varicelle, migraines et autres rages de dents, sans oublier la maladie d'amour...
Entre poésie et approche scientifique, voilà un album qui ne manque pas d’audace. L’auteur fait apparaître nos monstres sous un jour pitoyable et pathétique. Le grand format du livre permet de déployer des illustrations spectaculaires, absolument fascinantes.
Sii les illustrations se prêtent à leur lecture dès l’âge de 5 ans, le texte, lui, fera sourire les plus grands et les adultes
A découvrir en famille, donc, à partir de 5 ans
Posté le 17.04.2007 par parolimage
Voici un album de Ulf Nilsson et d’Eva Erikson, édité chez Pastel, absolument délicieux. Le titre en est : Nos petits enterrements
Qui n’a jamais “joué” à enterrer une petite bête, trouvée dans l’allée du jardin ou au cours d’une promenade dans la forêt ?
C’est une expérience qui place l’enfant face au mystère de la mort et qui renouvelle les rituels puisés dans la mémoire familiale ou collective.
Alors qu’un jour les enfants s’ennuyaient, un petit garçon raconte comment ils ont vécu au plus profond d’eux-mêmes ce jeu de la vie et de la mort . Esther venait de trouver un bourdon, un pauvre bourdon mort. On l’enterra.
Vont suivre, ensuite d’autres enterrements : celui de Glouton le hamster, celui du vieux coq (aidé par le papa d’Esther), des souris prises dans leur piège, un hérisson aplati, un lièvre. Une véritable entreprise de pompes funèbres.
A mesure, les enfants perfectionnent le rituel. On collecte des boites, on cueille des fleurs, on fabrique des croix. Et puis on “nomme” les morts comme les faire exister avant la mort, comme pour en garder le souvenir du temps de leur vie.
Il est évident que le sujet relate la propre expérience de l’auteur puisée dans sa petite enfance. C’est très beau car il sait garder retenue et naturel à travers une écriture à la fois vivante et d’un simplicité très agréable.
Quant aux dessins tout de grâce et de légèreté, avec des pointes d’humour qui apaisent le propos, ils émaillent les pages avec bonheur.
C’est un album grave qui traite avec malice un sujet auquel l’enfant est très vite confronté. Les petits poèmes imaginés par le petit narrateur en l’honneur des petits morts, émouvants dans leur fraîcheur, participent à la qualité de ce très bel album.
A recommander pour tous à partir de 6 ans.
Posté le 12.06.2006 par parolimage
Voici un album qui traite avec malice de la complicité entre une petite fille et son grand-père. Il s’agit de “Quel cafouillage !” de Giani Rodari édité à l’Ecole des loisirs.
Lorsque grand-père veut raconter à sa petite fille l’histoires universellement connue du Petit Chaperon rouge, il transforme sans cesse le conte original.
Evidemment l’enfant de l’histoire, rétablit la vérité du conte, comme le fera ensuite avec jubilation l’enfant lecteur . Ainsi, s’instaure un petit jeu très stimulant entre le narrateur et la jeune destinatrice. Mais lorsqu’à la fin de l’histoire, le grand-père avance une proposition encore plus saugrenue mais particulièrement alléchante,alors on ne sait plus qui du Petit Chaperon rouge ou de la petite fille s'avance fièrement en faisant une grosse bulle avec sa bouche, de chewing gomme, bien entendu.
Une mise en page pleine de drôlerie d’Alessandro Savanna. Jeu des symboles. Couleurs rouge et verte omniprésentes. papier découpés, peinture, graphismes aux traits précis.
Tout l'album respire le plaisir, la bonne humeur, une merveilleuse complicité. Un petit régal.
A recommander dès 4 ans
Posté le 05.09.2007 par parolimage
Voici un de ces albums dont la simplicité n’exclut en rien la profondeur. Il s’agit de “Rêve de bus de Sylvain Mollet et Charlotte mollet, aux éditions Thierry Magnier.
Rêve de bus ? Alors partons pour le voyage !
Le texte, en lui-même est plein d’une joyeuse légèreté. Le voyage des enfants du monde nous convie au rêve, celui de la rencontre, du partage, celui du bonheur tout simplement d’être de ce monde. Reprenant les sonorités d’expressions des langues des pays traversés, il y a là aussi le désir de communiquer, cette altérité si enrichissante.
Les découpages de Charlotte Mollet illustrant de façon pleine d’humour le voyage du bus, sont complétés, sur la page de gauche par des portraits en photos des enfants embarqués dans le périple. Les photos prises par plusieurs photographes, donc avec un regard différent, ont le charme de l’authenticité.
Un album qui séduira le jeune enfant, le fera rêver, mais aussi s’interroger sur le vaste monde et les enfants qui l’habitent.
Un livre très stimulant à recommander dès 5 ans
Posté le 03.12.2007 par parolimage
Aujourd’hui, nous commencerons par un bel album, paru aux “Éditions Réunion des Musées Nationaux”. Le titre en est “Tam-Tam couleurs ” de Caroline Desoëlles et d’Isabelle Hartman.
Si dans la morosité qui nous submerge parfois nous fait désespérer de l’humanité, ici, nous avons affaire à un livre très stimulant : d’abord par le voyage qui nous est proposé, ensuite par une mise en images lumineuse.
De quoi s’agit-il ? Fatou s’ennuie de son grand-père et des histoires qu'il aimait lui conter. Elle lui écrit. Alors, grand-père Moussa lui raconte son long périple à travers l’Afrique du temps de sa jeunesse jusqu’à son retour au Sénégal, le pays de son enfance.
Ainsi, du Sénégal au Mali, en passant par la Côte d’ivoire, le Nigeria, le Bénin, le Congo, le Zambie et l’Afrique du sud nous suivons les pas de Moussa..
Au cours du périple de Moussa, nous découvrons une Afrique multiple, vivante, loin du cliché d’une Afrique mono-couleur, mono-saveur, mono-art. La vie quotidienne et sa diversité, à travers l’immense continent, y est décrite avec l’évidence des lieux traversés
Et nous participons à ce voyage, non seulement par le texte d’une belle simplicité, mais par les images qui nous sont données à voir : sur la page de gauche des tableaux lumineux réhaussés de dessins de photos qui font face sur la page de droite à des objets artisanaux : djembe, batik, masque, bronze, tissu, statue, vêtements. Toute chose que nous pouvons admirer au Musée des arts premiers, quai Branly à Paris.
C’est un de ces albums dont la douceur et la beauté nous réconcilie avec le monde.
Un beau cadeau à recommander à partir de 8 ans.