contes
Posté le 16.05.2008 par parolimage
Les éditions Corti, dans leur collection Merveilleux, font un beau travail de collectage de contes. Ici, Nicole Belmont et Eisabeth Lemirre nous présentent : “Sous la cendre, figures de Cendrillon”.
Evidemment, nous avons tous en tête les versions de Charles Perrault et des frères Grimm. Mais en réalité, il y a des centaines de variations et bien plus, sans doute, recensées par les ethnologues et les folkloristes.
Ce volume nous présente des versions d’une grande diversité, venues de tous les continents. Ainsi, avons nous la Cendrillon chinoise (du IX ème siècle), celle de Guadeloupe, de Russie, de Grèce, de Mauricie, d'Italie, du Maroc et bien d’autres encore. En tout une quarantaine de contes de Cendrillon, toutes différentes, toutes surprenantes..
Histoires étonnantes et dépaysantes sur le thème fort connu de la pauvre enfant persécutée.
Pour les jeunes adultes et au-delà deux postfaces pour mieux investir le mythe :
“Cendrillon : une affaire de femmes ?” de Nicole Belmont
“Du côté des hommes,” par Elisabeth Lemirre
Une magnifique anthologie à recommander vivement pour tous à partir de 12 ans.
Posté le 18.04.2008 par parolimage
Les Trompe-La-Mort - Ricardo Azevedo, Ed. Chandeigne
Dès le plus jeune âge, l’enfant est confronté à l’idée de la mort, .au passage éphémère des existences avec cette grande question qui taraude l’enfant : et après ? Sujet d’inquiétude et source d’angoisse, la mort participe aux grandes interrogations sur le sens de la vie.
Dans le joli petit livre paru aux éditions Chandeigne, “Les trompe-La-Mort”, Ricardo Azevedo, nous présente quatre petits contes brésiliens où la mort sous les habits d’une vieille femme, est mise en scène ave malice.
La pauvre mort, en effet, a bien du mal à accomplir son travail face à des vivants qui ne veulent pas vraiment mourir et qui usent de bien des astuces pour prolonger leur vie.
Les illustrations de Marion Duval sont en harmonie avec les textes. C’est dire que l’humour y est malicieusement distancé et nous rendrait presque la mort sympathique, sinon pitoyable.
A recommander pour tous à partir de 8 ans
Posté le 29.03.2008 par parolimage
“L’homme aux oiseaux” de Melvin Burgess, illustré par Ruth Brown aux éditions Gallimard Folio Cadet.
Ce conte s’ouvre sur l’ambiguiïé du personnage du marchand d’oiseau. Qui est-il ? Un sorcier ? un magicien ? quel est cet homme dépenaillé qui trimballe des petites cages avec chacune un oiseau emprisonné.
Le jeune Ivan a pitié des oiseaux. Il veut acheter un rouge-gorge, certain qu’il est de le libérer aussitôt parvenu à la maison. Le marchand lui vend la cage avec l’oiseau.
“-Je vais le laisser partir, dit Ivan.
-Ah, vraiment ? ricana l’homme. C’est ce que nous allons voir”.
Mais comment libérer l’oiseau qui fait entendre au matin un si joli chant ? Ivan le garde. Mais au bout d’un an, le pauvre rouge-gorge ne siffle plus. Ivan ouvre la cage mais l’oiseau ne bouge plus. Yvan ouvre la fenêtre mais le pauvre petit n’a pas la force de prendre son envol.
Une nuit, Yvan rêva. Un étrange rêve où l’homme aux oiseaux parla à Yvan d’une voix pleine de douceur, tout en caressant l’oiseau. Au matin, Yvan libéra l’oiseau.
Le récit merveilleusement écrit possède une profondeur qui fascine le lecteur. Entre empathie et égoïsme que faire de la liberté de l’autre ?
C’est superbe, comme sont superbes les illustrations de Ruth Brown entre réalisme et fantastique.
Un très joli conte à mettre entre toutes les mains à partir de 7 ans.
Posté le 16.03.2008 par parolimage
Cette légende drolatique fut contée, dans les années 1930, par James Joyce à son petit fils. Elle nous parvient, ici, dans une réédition fort bienvenue aux éditions Gallimard, Folio Benjamin.
Imaginez-vous qu’en ce temps là, la ville de Beaugency était un peu coupée du monde. Le grand fleuve qui la bordait était si large qu’il fallait emprunter un bateau pour le traverser car aucun pont ne l’enjambait.
Un jour, le Diable lut dans le journal que l’on cherchait une solution à cet épineux problème. Construire un pont ? Cela coûtait trop cher. Alors le diable rencontra Mr Byrne, le maire de Beaugency et lui proposa le pacte suivant :
“La seule chose que je demande, c’est que la première personne qui traverse le pont m’appartienne”
L’affaire fut conclue et, le lendemain, devant les yeux ébahis des habitants, un magnifique pont enjambait la Loire. Tout au bout, le diable attendait.
Par une ruse quasi diabolique, le maire vida un seau d’eau sur un petit chaton qu’il avait emporté avec lui. Et le premier qui traversa le pont fut le pauvre chat complètement épouvanté.
Le diable en bafouilla de colère et depuis, on appela les habitants de Beaugency “Les chats de Beaugency”.
Malice et humour font de ce texte un petit régal de lecture. Quant aux illustrations de Roger Blachon elles s’inscrivent à la fois dans l’architecture de la ville que dans l’ambiguïté des personnages; Qui est la plus malin ? le diable ou Mr Byrne ?. En tout cas les images s’en amusent.
A recommander dès 7 ans.
Posté le 10.02.2008 par parolimage
Voici un album édité par la récente maison d’édition “HongFeï”, dans la collection “Belle Ile de Formosa”.
HongFeï édite des œuvres venues de Chine et de Taiwan. Des contes, mais aussi de la poésie.
“Lunes de Chine” de Yang Huan, illustré par Thomas Nys, nous propose deux contes qui ne sont rien d’autre qu’une invitation au voyage imaginaire. je me contenterai de citer leurs titres qui donnent parfaitement la tonalité de l’ensemble :
-Chang’E s’envole dans la lune
-Le vieillard sous la lune
-Mélancolie au Palais de la lune
Deux contes mélancoliques qui nous charment par leur “exotisme” dû à leur forme narrative mais aussi aux références symboliques et culturelles d’une étrange singularité.
Les dialogues sont savoureux et l’ensemble de l’album est beau. Les illustrations allient la finesse du trait à la douceur des encres. On ne se lasse pas d’y poser le regard.
Un album non dénué d’humour qui laisse place au rêve.
A recommander à partir de 8 ans.
Posté le 06.01.2008 par parolimage
Voici un recueil de contes, parus aux éditions Flies France, présentés par Marilyn Plénard et illustrés par Delphine Bodet : “Histoires des quatre saisons”.
L’auteure nous présente une série de contes traditionnels venus des quatre coins du monde. Leur charme réside dans l’authenticité d’une écriture qui révèle joliment la capacité du conte à symboliser ce qui est universel dans la relation de soi à l’autre, dans la relation de soi à la nature. C’est simple et beau tout à la fois. Des vignettes explicatives sur l’origine du conte ou sur des phénomènes naturels permettent de contextualiser le récit dans son ancrage naturel, comme celui-ci :
"La grenouille qui avait soif"
conte australien
"C’était il y a bien longtemps.
Si longtemps que l’arrière-arrière-grand-père de mon arrière-grand-père n’était pas encore né. La canicule et la sécheresse régnaient sur le pays. Plus un ruisseau, un étang ou une ri-vière ne donnait d’eau. Les hommes, les oiseaux, les animaux tombaient et mouraient. Les chasseurs avaient cessé de poursuivre le gibier. Quelques-uns, restés en vie, regardaient le soleil, dont l’ardeur flamboyait dans le ciel d’or fondu. Les nuages avaient disparu. La seule ombre qui planait était celle de la mort.
Les survivants se réunirent près de ce qui avait été le principal point d’eau de cette terre désolée. Ils se demandaient où avait bien pu disparaître tout le liquide qu’il y avait avant.
On découvrit bientôt que l’eau avait été bue par une grenouille d’une taille gigantesque. Hommes, oiseaux et animaux prirent rapidement une grande décision : ils allaient faire éclater de rire cette grenouille, comme ça, elle recracherait toute l’eau qu’elle avait bue. Mais ce fut en vain que l’oiseau moqueur riait aux éclats devant la grenouille, en vain que le kangourou sautait devant elle, en vain que la cigogne dansa sur un pied. La grenouille géante pinçait bien fort la bouche et refusait de rire.
Alors, un vermisseau grimpa sur le ventre nu de l’énorme batracien et se mit à le chatouiller avec le bout de sa queue. La grenouille se retint longtemps, longtemps, mais à la fin, n’y tenant plus, elle éclata de rire : toute l’eau tomba en cascade de sa bouche immense et aussitôt les rivières, les étangs, les ruisseaux et les lacs se remplirent à ras bord et la vie fut sauvée, et tout recommença comme avant".
A recommander pour tous à partir de 5 ans
Posté le 15.12.2007 par parolimage
Noël s’annonce déjà et je vous propose une histoire radieuse qui sied si bien à ces temps de fêtes. Il s’agit d’un petit livre de Michael Morpurgo, illustré par Quentin Blake : "La nuit du berger", édité chez Gallimard jeunesse
C’est une petit livre de forme carré que l’auteur dédie à tous les enfants qui lisent un soir de Noël. Et il est bien vrai qu’il s’agit d’un livre pour tous les enfants. Croyants ou non, le texte s’inscrit dans la merveilleuse tradition des récits mythiques. Et ici, le texte en est splendide
Je vous laisse découvrir les illustrations de Quentin Blake légères, vivantes avec un art du dessin débordant de vie. C’est un petit livre par la taille, mais grand par la manière de conter une histoire qui a traversé les siècles
A recommander pour tous à partir de 8 ans
Posté le 22.10.2007 par parolimage
Si je vous dis que “Pourquoi Cur Cu Ma pose des questions” est un conte vraiment délicieux, vous pouvez me croire.
Édité chez Neuf de "L’ école des loisirs", l’auteur en est Eric Lindor Fall, disparu, hélas, prématurément.
De quoi s’agit-il ?
Dans un palis, beau comme tous les palais, une princesse, belle comme toutes les princesses ne peut avoir d’enfant. Or, il faut avoir un enfant, n’est-ce pas pour succéder au roi ?
Alors une seule solution : faire appel aux fées, ce qui n’est pas du tout du goût de la princesse. Car les fées, même quand elles vous dépannent, sont toujours faiseuses d’histoires. Les fées ayant entendu une conversation qui ne leur a pas plu décident de se venger. Et si elles acceptent de permettre à la princesse d’avoir un enfant, celle-ci sera d’une insatiable curiosité et ne cessera de poser des questions.
C’est Dame première qui sera chargée d’aller chercher l’antidote aux incessantes questions de le future petite princesses. Mais en chemin, au milieu d’une foule agitée et bruyante, Dame première fait une certaine rencontre .
Alors, quand elle retourna au palais devinez ce qui advint ? Eh oui, de l’autre côté des murs du Palais la vie est bien plus amusante même au risque d’y rencontrer un ogre troublant mais ô combien séduisant.
Tout est écrit avec légèreté et humour, avec de délicieux anachronismes. Un véritable plaisir de lecture
A recommander à partir de 9 ans
Posté le 06.10.2007 par parolimage
Un bel album, assurément, que ce “P’titgars-p’titdoigt” conté par Alexandre Afanassiev et illustré par Etienne Beck aux éditions MeMo.
L’histoire est la suivante : un petit homme, né du doigt tranché de sa mère et qui malgré sa petite taille déjoue par son intelligence l’adversité de la vie.
Le conte se présente sous la forme d’un grand livre à la texture naturelle qui convient à l’univers de ce conte, pendant russe de Tom Pouce, et qui signifie, ici, le petit gars comme le petit doigt.
Tour à tour, il fait labourer un champ par le cheval de son père, pendant que celui-ci se repose Puis ayant rencontré trois voleurs, il pénètre dans une étable et s’empare, à leur demande, du plus beau taureau du Pope. Finalement, il rentrera vivre tranquillement auprès de ses parents.
Sur la page de gauche, le texte aux grands caractères d'une belle lisibilité. Sur la page de droite, les illustrations très colorées, empruntent aux motifs traditionnels du folklore russe. Mais, ici, rien de figé. La mise en page inventive illustre avec bonheur ce conte dont la belle traduction transcrit avec humour cette histoire cruelle et malicieuse.
Un bel album proche de l’oralité qui incite à une lecture à haute voix. Une totale réussite.
A recommander dès 4 ans.
Posté le 19.09.2007 par parolimage
C'est un album de Grégoire Solotareff, illustré par Nadja, édité à L’école des , la collection Lutin poche.
On connaît la connivence du frère et de la sœur pour créer des univers de contes chargés d’humanité. Celui-ci n’est peut-être pas le plus abouti mais il plaira au jeune lecteur par la douceur et le charme sui s’en dégage.
Lecture :
C’est une histoire d’amour et de retrouvailles, servie par les gouaches généreuses de Nadja. Jouant du clair-obscur l’illustratrice charge la forêt de tous ses mystères. Et c'st toujours un plaisir renouvelé de se promener dans les jeux de lumièr de la forêt profonde
La dernière double page s’ouvre sur des couples de lutins dansant sous un rayon de lune, au son du violon de Samsa, Violette à ses côtés.
C’est tendre et et délicat.
A recommander à partir de 4 ans.